Cette semaine, la Suisse allait, par une inadvertance non des moindres, laisser filer sa réputation entre ses doigts. Les secrets de la Confédération et de nos chers créanciers ? Envolés. D’un coup d’USB dans le disque dur, le Service de renseignement de notre pays aurait été berné. Qui l’eût cru ? Est-ce l’œuvre d’un réseau d’activistes surgeekés dans leur tête ? Ou celle d’une taupe américano-islamiste-russo-sioniste ?

            Replay. C’est l’histoire d’un mec que l’on croit en désaccord avec son patron dans le Service de renseignement suisse. Cela fait bientôt cinq ans qu’il est plongé dans un vieux bureau aux odeurs malsaines de cachotteries. L’ordinateur tourne et fait le même bruit qu’un aspirateur. Il tourne sans cesse et, dans sa tête, la curiosité suit le rythme. Alors, puisqu’il a accès aux données les plus confidentielles de notre cher pays (trop cher d’ailleurs quelques fois), il soulage son envie. D’abord avec l’avidité d’un enfant qui commet une bêtise mémorable. Puis tout se gâte. L’informaticien court-circuite ; que la lumière soit ! Il tient une boîte de pandore d’une valeur inestimable : dossiers top secrets, données diplomatiques et financières de pays étrangers, etc. Mensonges et vérités tiennent, ensemble, dans la main d’un employé sans pouvoir politique, sans nation, sans velléités de richesses. Le pouvoir lui monte à la tête ; il a le moyen de faire renverser le monde en un clic.

            À mille kilomètres d’ici, dans une ambassade, un homme est reclus comme un gibier prêt à abattre : Julian Assange. Connaissant les moindres recoins de la pièce dans laquelle il ne fait qu’attendre, il communique, il récolte et il divulgue. Physiquement à Londres, virtuellement partout. Même dans la conscience des puissants. Ce mec, c’est un peu cette petite voix qui sème discorde et ordre dans notre vie. Celle que l’on préfère ne pas écouter, surtout quand elle a raison. Assange récolte les vérités ineffables et les recrache telles quelles à tout un chacun. C’est d’ailleurs son crime.

            Finalement, soyez rassuré. L’informaticien a été rattrapé par une organisation de bienfaisance de notoriété publique : UBS. Et oui ! C’est UBS qui rattrape USB. Comment est-ce possible ? Aussi possible que votre tante est double championne de patinage artistique, vice-présidente des meilleurs mamans du monde non cocaïnées ayant vingt enfants et call-girl sulfureuse dans une boîte de nuit des Pâquis. Autrement dit, la Confédération a eu chaud, très chaud aux miches. To be continued ?…

Et comme disait l’ex-futur président de la République française, Coluche : « C’est pas plus mal que c’était pire ! ».

Romain I.