Je t’entends

La nuit

Quand tu pleures

À cause de moi.

 

 

Je me réveille,

Tu es à côté de moi.

Je sens la chaleur émaner de ton corps

Et réchauffer le mien.

Tu as les yeux fermés, tu respires lentement

Tu dors.

Tu dors.

Tranquillement, paisiblement,

Comme si rien d’autre n’existait.

Pendant que moi

Je repense à mes démons.

 

C’était il y a quatre ans.

Je t’ai vu au coin d’une rue,

Tu m’as frappé.

Tu étais beau.

Je t’ai parlé,

Et aujourd’hui nous en sommes ici.

Toi dans le lit,

Moi devant mon miroir,

Toi qui dort,

Moi qui pleure.

 

Ils me hantent,

Ils ne me laissent jamais.

Tu m’aidais à les combattre,

Mais ils ont pris le dessus.

Ils me crient, me hurlent

Tant de choses, tellement de choses.

Je ne peux plus.

Ils ne te veulent pas.

Je dois te laisser partir.

 

Je t’entends

La nuit

Quand tu pleures

À cause de moi.

Parce que je te rejette,

Parce que je m’éloigne,

Parce que je suis vide,

Parce que je ne suis rien.

Je t’entends

La nuit

Quand tu te lèves

Et vas sécher tes larmes

À cause de moi.

 

J’entends tes cris intérieurs.

Tes cris de douleur

Tes cris de tristesses.

Des cris par ma faute.

Je ne peux pas te faire ça.

Je dois te laisser t’en aller.

Je dois te libérer.

 

Je te regarde

Tu fais tes bagages.

Tu pleures,

Mais pourtant tu souris.

Tu comprends.

Tu comprends

Pourquoi j’ai fait ça

Et même si tu pleures,

Je sais qu’au fond

Tu me remercies.

 

Tu es libre

Maintenant.

Pars,

Cours,

Vole.

Vis.

Vis comme moi je ne peux pas.

Vis pour moi.

On se reverra.

Caitlin McIntosh

Photo : © Pixabay