Du 6 au 8 mai, le Théâtre de la Cité Bleue se transforme en… paquebot ! Avec Meurtres & Marinières, dernière création des Comédies Musicales UNIGE, voguez sur les océans et mettez-vous dans la peau d’Hercule Holmes ou de Sherlock Poirot. Un grand moment !

Le soleil brille, les vagues sont calmes et les passagers contents. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à bord du Pacific Express. Les cours d’aérobic sont un succès et, malgré le talent culinaire discutable de la cuisinière, personne n’a été frappé d’intoxication. Quelle belle croisière, vraiment !

Et là, c’est le drame…

Tout allait bien, en effet, sur le paquebot de luxe Pacific Express… jusqu’à ce qu’un horrible, affreux, TERRIBLE crime soit découvert : Madame Vieille, passagère adepte de karaoké (et de crèmes anti-rides), vient d’être sauvagement assassinée ! Deux tirs de pistolet savamment placés ont eu raison d’elle, dans le secret de la nuit… Évidemment, personne ne sait rien – sinon, ce serait trop facile ! Et voilà tout le petit microcosme vacancier du Pacific Express, embarqué dans une sinistre affaire. Heureusement, à bord, l’étudiante en criminologie Agatha Poivron veille : elle compte bien mener l’enquête et obtenir ainsi ses derniers crédits pour valider son Master à Lausanne ! De fil en aiguille, de suppositions en interrogatoires, démêlera-t-elle le vrai du faux ?…

L’UNIGE : mieux qu’à Broadway !

Une enquête policière maritime et humoristique : voilà le scénario de Meurtres & Marinières, que je vous présentais il y a peu dans nos pages numériques. Crime, enquête, humour et personnages hauts en couleurs : il n’en faut pas plus à l’équipage des Comédies Musicales UNIGE pour conquérir son public ! Au programme, un spectacle qui n’a rien à envier aux classiques du genre, de West Side Story à Chicago, en passant par Fiddler on the Roof.

Toute la troupe a travaillé d’arrache-pied pour créer son propre univers, en s’appropriant les codes si particuliers de la comédie musicale : chant, théâtre, danse, tableaux de groupe, duos, solos, pantomimes, jeux de lumières, bruitages… tout était propre et en ordre, comme sur le pont bien organisé d’un navire de plaisance ! Alors que l’enquête se déroule et qu’Agatha Poivron tente (difficilement) d’interroger ses suspects récalcitrants (entre autres : la secrétaire, le couple mythique, la paranoïaque, le prof d’aérobic, la youtubeuse, le mousse ou encore la femme de ménage), chacun tente de lui échapper… et les numéros s’enchaînent.

Si les Comédies Musicales UNIGE ont créé leur propre scénario, celui-ci repose avant tout sur des musiques et chansons connues – dont certaines appartiennent au répertoire « traditionnel » du genre. Ainsi, j’ai particulièrement apprécié le « Cell Block Tango », tiré de la comédie musicale Chicago : tout y était, de l’énergie chorégraphique au texte (entre chant et narration, avec des paroles revisitées avec beaucoup d’humour), en passant par une utilisation astucieuse des décors (des panneaux d’affichage en métal, pour symboliser les barreaux d’une prison enfermant les suspects). Chapeau bas ! Autre moment particulièrement réussi : le duo hilarant entre la youtubeuse et le prof d’aérobic. Chacun parlant de ses espoirs de richesse et de gloire, il s’enflamme sur « If I was a rich man » (tiré de Fiddler on the Roof)… et elle répond sur « If I was a rich girl » (Gwen Stefani) ! J’avoue qu’étant fan de musique klezmer[1] et de reprise audacieuse, j’ai vraiment adoré ce tableau. Un moment glaçant : la reprise de « Thriller » de Mickael Jackson. Sans vouloir vendre la mèche, disons que cette scène implique des marins-zombies, une passagère paranoïaque terrifiée… et une chorégraphie du tonnerre !

Émotion, humour : une troupe merveilleuse

Pourtant, un des moments qui m’a le plus touchée est la reprise de « Skyfall », tiré de la BO d’un des derniers James Bond. Alors qu’elle est originellement interprétée par une chanteuse (Adele), la version qu’en proposent les Comédies Musicales UNIGE est chantée par un homme : le professeur d’aérobic. Je ne vous expliquerai pas le pourquoi du comment, ce serait un peu trop facile… Mais tout, de la voix solo à la chorégraphie (trois danseuses, entre néo-classique, contemporain et modern jazz), en passant par les chœurs (prenant en charge des contrechants plutôt complexes), était juste, pensé, réfléchi : cette scène, moment-clef de l’intrigue, donnait à Meurtres & Marinières une réelle profondeur, délaissant pour un moment l’humour et les rires. Car des rires, il y en a eu, au Théâtre de la Cité Bleue ! Entre jeux de mots, échos littéraires (« Elle a deux trous rouges du côté droit »), références populaires ou cinématographiques (vous aurez droit à une reprise de Titanic ou de La Petite Sirène), la troupe des Comédies Musicales UNIGE n’a pas laissé son public souffler… et c’est tant mieux !

Ce lundi 8 mai signe la dernière représentation de Meurtres & Marinières à Genève (pour l’instant), pour les étudiant-e-s passionné-e-s de l’association Comédies Musicales UNIGE. Ils s’apprêtent à remonter sur les planches ce soir et méritent un public fourni et des applaudissements nourris… n’hésitez pas à les rejoindre !

Et, pour conclure, je voudrais dire un grand MERCI à tout l’équipage de Meurtres & Marinières, des personnages principaux aux figurants, des chorégraphes aux petites mains, des scénaristes aux régisseurs – et à tous ceux que j’oublie encore ! Merci pour cette belle création : l’UNIGE n’a rien à envier à Broadway, grâce à vous. Bravo, bon vent pour ce soir… et m****, puisque c’est ce qu’on dit dans ces cas-là !

Infos :

Meurtres & Marinières

6 et 8 mai (20 h), 7 mai (18 h)

Théâtre de la Cité Bleue, av. de Miremont 46, 1206 Genève

Infos: contacts.comu@gmail.com

Photos : © Gabriel Asper

[1] Musique juive d’Europe de l’Est.