Depuis vendredi, André le Magnifique est joué au théâtre du Grütli. Une pièce pour petits et grands, dans laquelle l’humour tient bien son rôle, comme le reste des comédiens d’ailleurs.

Cette pièce, créée par les comédiens Denis Podalydès, Isabelle Candelier, Loïc Houdré, Patrick Ligardes et Michel Vuillermoz, est mise en scène au Grütli par Antony Mettler. Elle raconte comment le maire d’une petite ville de province met tout en œuvre pour pouvoir jouer la pièce de chevalerie qu’il a écrite, jusqu’à avoir l’idée qu’il n’aurait pas fallu avoir : inviter Jean Pascal Faix, un acteur parisien sur le retour, odieux et suffisant. Malgré les efforts de sa femme Janine, du souffleur André et même du technicien Norbert, les choses tournent donc rapidement au vinaigre…

Dès les premières répliques, on nous plonge dans l’univers ensoleillé du sud de la France avec les comédiens ayant spécialement pris l’accent. Un décor… de théâtre, typique, une fausse forêt, des objets entreposés un peu partout et une ambiance bon enfant. Pierre Aucaigne qui campe André fait son entrée en fanfare et nous charme tout de suite, accompagné par Vincent Kohler, le maire, touchant et sincère. Pourtant, malgré ces deux comédiens de talent, la pièce peine à se mettre en route. Les premiers dialogues manquent de mordant, les cris semblent artificiels et le rythme met bien une vingtaine de minutes à se stabiliser.

La suite se déroule à peu près sans encombre, mais reste quand même assez inégale. On rit beaucoup, mais de situations burlesques. Le risque est donc que si la farce est un tant soit peu forcée, elle tombe à plat, ce qui arrive malheureusement quelques fois dans cette pièce.

Je demeure réticente à l’accent faussement parisien que prend Antony Mettler, alias Jean Pascal Faix. Loin d’être authentique, il rappelle lointainement la diction et les nasales des années 40, ce qui est plutôt dérangeant. En dehors de cela, ses répliques qui caricaturent l’acteur prétentieux qui est sur la pente de la médiocrité sont pour la plupart extrêmement drôles et il réussit son coup : on le déteste au bout de trois minutes !

Le sujet, bien que déjà vu et utilisé un nombre incalculable de fois, n’en demeure pas moins intéressant : les coulisses d’un spectacle où rien ne se passe comme prévu. André le Magnifique est une pièce qui apporte une réflexion sur la manière de faire du théâtre, sur l’élitisme face à l’amateurisme, sur la sincérité face à l’arrogance. Sur ce point-là, peut-être que le burlesque enlève un peu de profondeur à la dimension métathéâtrale mais on imagine aisément que c’est une volonté des auteurs d’alléger ainsi le sujet.

En bref, un spectacle plaisant, souvent drôle, qui manque de subtilité mais qui laisse une impression sympathique, un pari presque réussi !

Infos pratiques :

André le Magnifique, de Isabelle Candelier, Loïc Houdré, Patrick Ligardes, Denis Podalydès et Michel Vuillermoz avec la complicité de Rémi de Vos, du 1er au 17 décembre 2017 au Théâtre du Grütli.

Mise en scène : Antony Mettler

Avec Pierre Aucaigne, Vincent Kohler, Antony Mettler, Anne-France Tardiveau et Jacques Vassy

http://www.grutli.ch/Spectacles/view/153#.WiO0mnmDOUk

Photos : © grutli.ch