« Écrire » : un mot d’ordre pour l’UNIGE, qui plus est en Lettres. Écrire, oui, mais écrire quoi ? – Dans le cadre d’un partenariat conclu avec l’Atelier d’écriture (BA7) du Département de langue et littérature françaises modernes (animé par Guy Poitry), R.E.E.L. vous propose une immersion régulière dans l’écriture créative… Comme quoi, « université » rime aussi avec « créativité » !

Aujourd’hui, c’est une nouvelle critique littéraire, signée cette fois-ci par Antoine Morisod. Point de vue mitigé sur un roman du journaliste Chang Kang-myoung, Parce que je déteste la Corée… Merci pour cette critique !

Fuir la Corée

Parce que je déteste la Corée est un court récit où se succèdent comparaisons, choix et critiques. Dans la société de la Corée du Sud, l’un des quatre dragons asiatiques, la réussite professionnelle est primordiale. Mais Kyena, narratrice et héroïne du roman, en est exclue par ses origines modestes. Afin d’échapper au carcan qui la maintient au bas de l’échelle sociale, elle décide d’émigrer en Australie. Là-bas, entre découverte d’une nouvelle société et critique de l’ancienne, elle va commencer une autre vie, faire d’autres expériences.

Il paraît évident que Chang Kang-myoung, ancien journaliste et auteur d’un précédent livre sur le même sujet, s’adresse avant tout aux Coréens eux-mêmes, plutôt que de viser une audience internationale. Toutefois, il ouvre une dimension relativement méconnue au public occidental : le mal-être sociétal en Corée.

L’histoire est assez prévisible, attendue, seule la critique même de la société sud-coréenne apporte un élément de fraîcheur. Le ton simple, racoleur et parfois vulgaire contribue à décrédibiliser le message en tentant maladroitement de prendre à partie le lecteur, dans un semblant d’impression de dialogue avec Kyena. Il n’en reste pas moins que ce livre propose un point de vue construit, élaboré et concret sur la Corée, l’auteur illustrant le mécontentement d’une jeunesse demeurée à l’écart de l’essor économique.

Antoine Morisod

Référence : Chang Kang-myoung, Parce que je déteste la Corée, trad. du coréen par L. Yeong-hee et M. Basnel, Éditions Picquier, 2017, 164 pp.

Photo: ©Magali Bossi