« Écrire » : un mot d’ordre pour l’UNIGE, qui plus est en Lettres. Écrire, oui, mais écrire quoi ? – Dans le cadre d’un partenariat conclu depuis deux ans avec l’Atelier d’écriture (BA7) du Département de langue et littérature françaises modernes, R.E.E.L. vous propose une immersion régulière dans l’écriture créative… créée, produite et façonnée dans le cadre de l’atelier animé par Guy Poitry. 

Des pastiches aux transpositions génériques, des thèmes libres aux comptes rendus de lecture, en passant par des exercices plus légers, venez découvrir des plumes en tous genres, au talent diablement prometteur. – Comme quoi, « université » rime aussi avec « créativité » !…  

Aujourd’hui, troisième et dernier autoportrait présenté par l’Atelier d’écriture : Emili Petrovic nous livre sa vision d’elle-même, entre aspect physique et origines slaves… Bravo à elle !

Lorsqu’il m’arrive, de temps à autre, de faire connaissance avec des inconnus, je m’amuse à proposer un jeu de devinettes quant à mes origines. Les réponses sont unanimes : à chaque fois, on me répond que j’ai un physique slave. Mon aspect physique appartiendrait donc à une catégorie précise, dont je n’ai moi-même pas l’impression de faire partie.

            En effet, ma peau est blanche et a plus ou moins du mal à prendre quelques teintes plus foncées durant les mois ensoleillés. Mes yeux sont plutôt grands et relativement ronds, dont les couleurs varient entre des tons bleus, verts et gris, tout dépend des jours. Je dirais qu’ils sont mon principal atout, c’est la première et peut-être unique partie que l’on retient de mon visage. Ils sont accentués par des sourcils ni trop fins, ni trop épais, suivant la sorte de mode qui est en cours. Mon nez est sans doute l’élément qui, je l’avoue, trahit mes origines. Un équilibre parfait entre ceux de mes deux parents : long pour le côté paternel, mais plus ou moins fin et sans bosse grâce à ma mère. En suivant cette longueur verticale, on arrive à ma bouche. Elle est petite, mais assez pulpeuse et le contour est bien défini.

            Mon visage est rond, tout en ayant un léger aspect ovale vers le menton. Il est encadré par une masse de cheveux châtains, épais et légèrement ondulés, qui actuellement me viennent à la nuque à l’arrière, mais aux épaules devant. Je me plais beaucoup à varier ma coiffure, m’amusant à changer de couleur de quelques nuances de brun et jonglant entre courts ou longs.

            En ce qui concerne le reste de mon corps, je peux dire de lui qu’il est plutôt bien proportionné. Mes épaules rejoignent la largeur de mes hanches, j’ai cette fameuse forme de « huit ». Des courbes relativement généreuses, dont je suis satisfaite et qui à nouveau, sont sans doute un cadeau de mes origines. Je suis de taille moyenne, une taille qui me convient, car elle me permet de porter des chaussures à talons – ô sublime création ! – sans paraître trop grande parmi le monde. Quant aux petits détails de ma physionomie, on pourrait noter les quelques tatouages dispersés sur mon corps, chacun révélant une partie de ma personnalité : une petite plume sur la cheville ; un croissant de lune vers les côtes ; un attrape-rêves amérindien sur l’omoplate aboutissant à une phrase écrite en cyrillique serbe au-dessous de la clavicule. Le dernier tatouage en date recouvre l’arrière de mon avant-bras droit d’un livre ouvert dont les pages se détachent dans les airs et se changent petit à petit en oiseaux volant à l’horizon. Ces oiseaux se dirigent vers mon poignet, anormalement fin d’après moi. Mes mains peuvent également être qualifiées d’étranges. Elles sont grandes, mais fines tout comme mes longs doigts, dont les ongles seront toujours vernis (sauf en cas de grave circonstance). Comme le dirait ma chère mère, j’ai des mains « de voleur », bien que je préférerais celles d’écrivain.

            Voilà donc ce portrait qui devrait me ranger dans la catégorie « slave ». Ce n’est pas que je sois contre cet avis général, bien au contraire, je le prends même comme un compliment. Je pense juste que je n’arrive pas à me définir comme les autres me voient, simplement car je ne peux me voir à partir de leurs yeux. Après tout, qui le pourrait ?

Emili Petrovic