Pendant des heures, je me suis demandée comment commencer. Les sujets qui me venaient à l’esprit (et c’est qu’il y en a eu !) ne me semblaient pas adaptés au premier article de cette nouvelle chronique qui se consacrera aux questions de genre et de féminisme.

Un historique sur les droits de la femme ? Non, ce serait trop long et trop général. Les suffragettes ? Ça aurait été directement commencer par un sujet qui ne concernait que les femmes blanches de classe moyenne et oublier tout un pan de femmes qui n’a pas été inclus dans le mouvement. La biographie d’une femme importante de la lutte féministe ? Hmmm, pas pour un premier article. Finalement, toutes mes idées – qui auront évidemment droit à leurs articles par la suite – me ramenaient à la même conclusion. Avant de vraiment commencer, peut-être fallait-il une introduction ? Une explication du pourquoi j’ai voulu commencer cette chronique ? Pour cette raison, le premier article de HerStories est une présentation du nouveau venu de R.E.E.L.

Depuis que j’ai lu Jane Austen (ouh le cliché !) au tendre âge de 15 ans, la question de la place des femmes ne m’a plus quittée. Lire des histoires dont les personnages principaux étaient féminins fut une révolution pour mon moi-adolescente, qui jusque-là pensait que c’était normal d’entendre toujours parler les hommes et sur les hommes. Pas que je ne me posais pas de questions avant ; mais l’effacement des femmes dans la société me semblait tellement naturel que je me posais des questions sur le fait que je me posais des questions. Bref, j’étais non seulement en crise d’adolescence, mais je devenais féministe.

Après quelques temps, les personnages fictifs ne me suffisaient plus ; il fallait que je m’intéresse à la réalité, à la société dans laquelle je vivais et là, autre crise existentielle : c’était vraiment un monde pourri pour les femmes, dixit la Catherine à 17 ans. Je m’en suis remise et j’ai continué à m’éduquer sur le féminisme et les droits de la femme… et le déclic s’est fait. À force de lire des dizaines d’articles par semaine, je me suis rendue compte que la société n’était effectivement pas faite pour les femmes (bonjour patriarcat…), mais que cela n’a pas empêché aux femmes de faire entendre leur voix, de lutter, de gagner parfois, et surtout de ne pas se laisser abattre. Je voulais être comme ça. Je voulais ressembler à Gloria Steinem, et Angela Davis était devenue ma reine. C’était décidé, j’allais moi aussi faire bouger les choses, aider à la construction d’une société plus juste. Aujourd’hui, je n’ai pas encore provoqué de révolution (ça viendra) mais j’essaye de changer le monde à ma manière, petit à petit, en écrivant.

Vous l’aurez compris, ici, on parlera de femmes(1) et de tout ce qui est lié au combat pour une société plus juste : sujet d’actualité, études genre, féminisme, biographies, droit LGBT, racisme, etc. Surtout, je tâcherai de garder un point de vue intersectionel, de ne pas m’approprier des thèmes qui ne me touchent pas, de toujours rendre aux différents mouvements ce qui leur est dû et de ne pas parler aux noms des minorités dont je ne fais pas partie. Voilà le genre d’article que vous pourrez retrouver dans cette chronique un vendredi sur deux. Je me réjouis de partager avec vous, cher-e-s lecteurs-trices de R.E.E.L, HerStories. En espérant que vous vous réjouissez aussi, je vous dis à dans deux semaines.

Photographie : © Dan Wynn

(1) Les termes « homme » et « femme » seront utilisés par facilité tout au long de la chronique, tout gardant à l’esprit que ce sont des catégories construites et qu’elles n’incluent pas tout un pan des identités de genres.