Au delà de la réalité brutale et physique, ce film nous promet un détour éloquent dans le silence d’une maladie encore mal jugée. Intouchables, ce sont des rires en quantités suffisantes pour se tenir au chaud tout l’hiver, de la joie pure qui se retrouve sur deux visages marqués par la dureté de la vie et une mise en scène réaliste entre stigmatisation et galère. Le film se passe, l’ascenseur émotionnel suit ses valses, cependant nous ne sommes pas encore éblouis par l’émotion à l’état brut. Puis le silence revient comme un vieil ami, tout le charme s’estompe et le bonheur s’éloigne comme une vague happée par l’immensité de la mer. Déçus, amers, désarmés, voilà nos sentiments au fur et à mesure que l’on s’approche de la fin. Et au moment où l’on s’y attend le moins, l’émotion empoigne de toutes ses forces notre cœur, serre notre gorge et quelques petits sanglots se laissent entendre. Une larme, une brillante émotion spontanée, c’est ce qui fait de ce film à la fois décalé et mélancolique, un chef d’œuvre humain. La morale de ce film nous montre que les belles âmes sont parfois où on les attend le moins, et que la pitié n’est pas une aide mais une embûche. Ce film, telle une catharsis de l’Age d’Or, nous purifie de l’intérieur et met une gifle par la beauté des sentiments aux nombrilistes que nous sommes.

 Sivanah L.