La Quinzaine des réalisateurs, cette sélection non compétitive du Festival de Cannes est reprise dès mercredi aux Cinémas du Grütli. Présentation.

Créé en 1968 en marge du festival de Cannes, la Quinzaine des réalisateurs fêtera ses 50 ans l’an prochain. Le but de cette Quinzaine ? Faire découvrir les films de jeunes auteurs et saluer ceux de réalisateurs déjà confirmés en s’ouvrant à diverses formes de création cinématographique. Le comité de sélection est dirigé par Edouard Waintrop, également directeur des Cinémas du Grütli. Se revendiquant ouvertement indépendante, libre et non compétitive, cette Quinzaine permet chaque année de découvrir de nouveau talents. Ainsi, depuis presque 50 ans, elle a fait la part belle aux premiers films de monuments du cinéma, tels que Rainer Werner Fassbinder, Martin Scorsese, George Lucas, Jim Jarmusch ou encore les frères Dardenne.

Après la clôture du festival, la Quinzaine entame un petit tour d’Europe, en commençant par Paris et Marseille, avant de poser ses valises à Genève, puis en Belgique et en Italie. La cité de Calvin s’offre ainsi une position prépondérante sur la carte du cinéma international. Depuis 2013, elle accueille chaque année entre 10 et 13 films, pour un total d’environ 4500 spectateurs en 4 ans.

Cette année encore, le programme s’annonce passionnant, avec 10 films sélectionnés. Après avoir accueilli l’an dernier des grands succès comme Ma vie de courgette ou Tour de France, l’amour, le voyage, qu’il soit physique ou intérieur, et les luttes engagées sont les principales thématiques pour cette année.

Amour

Avec Ôtez-moi d’un doute comme premier film au programme, c’est l’amour qui est mis en avant. Alors qu’Erwan, un démineur, apprend que son père n’est pas vraiment son père, le monde semble s’écrouler autour de lui… jusqu’à ce qu’il retrouve son vrai père et fasse la connaissance d’Anna. Un film drôle, tendre et émouvant, d’après les critiques, à découvrir dès mercredi 7 juin à 19h30, en présence de la réalisatrice Carine Tardieu et du comédien André Wilms.

Amour encore, avec deux projections de L’amant d’un jour de Philippe Garrel, dans lequel une femme d’une vingtaine d’années rentre chez son père après une rupture, pour découvrir que ce dernier est en couple avec une femme du même âge qu’elle… Ce n’est pas le seul couple atypique qui sera présenté, puisque vendredi et lundi vous pourrez faire la connaissance d’Agnese, jeune femme très pieuse et de Stefano, jeune homme violent au passé difficile, qui partageront un sentiment authentique et sincère dans Cuori Puri de Roberto De Paolis, qui sera présent le 9 juin.

Enfin, c’est la recherche de l’amour qui sera explorée, avec Un beau soleil intérieur de Claire Denis. Dans un film au joli casting (Gérard Depardieu, Josiane Balasko et Juliette Binoche, entre autres), Isabelle, divorcée et mère d’un enfant cherche l’amour, le vrai, enfin.

Voyage

Le second thème exploré est celui du voyage. Voyage vers l’émancipation d’abord, celui d’une jeune veuve indonésienne, attaquée par un gang venu la violer et voler son bétail. Tuant plusieurs hommes, dont le chef, elle est décidée à obtenir justice et s’émanciper. Un film dur, l’histoire d’un long chemin, hanté par un fantôme sans tête, dans Marlina la tueuse en quatre actes, de Mouly Surya.

Voyages en couple également, avec d’abord Mobile homes, de Vladimir de Fontenay, dans lequel Ali et Evan sillonnent les États-Unis et le Canada, accompagnés de Bone, huit ans, le fils d’Ali. Vivant de plus en plus dangereusement, ils cherchent un foyer où s’établir. Un choix cornélien pour Ali, entre la liberté et sa responsabilité de mère. Autre voyage en couple, à but humanitaire cette fois, avec Frost, de Sharunas Bartas. Rokas et Ingas, deux lituaniens décident de s’aventurer jusqu’en Ukraine, pour y aider la population locale, qui fait face à la guerre. Au gré des rencontres, perdus dans le froid et les combats, ils se découvriront l’un l’autre, tout en appréhendant la vie en temps de guerre.

Voyages intérieurs enfin, avec A ciambra, de Jonas Carpignano et The Rider de Chloé Zhao. Dans le premier, Pio, 14 ans, suit les traces de son grand frère, en fumant, buvant et arnaquant. Rapidement dépassé par les événements, il va devoir faire des choix… Dans le second, c’est un jeune cowboy, à peine remis d’une blessure qui a failli lui coûter la vie, qui se cherche et apprend ce que devenir un homme au cœur de l’Amérique signifie.

Luttes engagées

Outre le film indonésien évoqué précédemment, c’est une autre œuvre engagée qui clôture la sélection, dimanche 11 et mardi 13 juin, avec À l’ouest du Jourdain, d’Amos Gitaï. De retour en Cisjordanie, 35 ans après Field Diary, le réalisateur israélien part à la rencontre de plusieurs organisations humanitaires et montre une série d’actes de résistance, réunissant des activistes israéliens et palestiniens. Une recherche de paix et de lumière au milieu des heures sombres de l’humanité.

Avec ces dix films au programme, il y en aura pour tous les goûts, que vous vouliez rire, voyager, être ému ou réfléchir, vous n’avez aucune excuse pour ne pas vous rendre dès mercredi aux Cinémas du Grütli !

Fabien Imhof

Infos pratiques :

Reprise de la Quinzaine des réalisateurs, du 7 au 13 juin 2017 aux Cinémas du Grütli.

Le programme complet est à retrouver sur http://www.cinemas-du-grutli.ch/agenda/19865-reprise-de-la-quinzaine-des-realisateurs-2017

Photo : © Graciela Iturbide