Je ne sais pas vous, mais moi je n’aime pas les adieux.

Ce matin est un peu particulier, puisque c’est le moment pour moi de prendre congé de vous, chers lecteurs, et de faire mes adieux à Changement de bobine telle que nous l’avons connue cette année. Cette chronique, née dans ma tête il y a tout juste une année, a été un véritable défi puisque je n’avais, jusqu’alors, écrit aucun texte journalistique concernant le cinéma. Je m’étais réellement demandé si je faisais bien de me lancer là-dedans, sans filet et (presque) sans outils. Si elle m’a parfois donné du fil à retordre, quelques nuits blanches et beaucoup d’inquiétude, elle aura surtout été pour moi une source de plaisir infini. Elle m’aura permis d’allier les deux arts que j’aime le plus au monde : l’écriture et le cinéma. Au fil des différentes bobines que j’ai eu l’occasion de disséquer cette année, j’ai appris une foule de choses sur moi-même, sur le cinéma et ses secrets et je pense pouvoir dire aujourd’hui que je ressors grandie de mon expérience. Pari réussi !

Si les aventures de Changement de bobine s’arrêtent ce matin, le cinéma n’a pas fini de hanter les pages de R.E.E.L., puisqu’à partir de la rentrée prochaine fleurira une nouvelle chronique qui s’inscrira dans la lignée de celle-ci… mais je ne vous en dis pas plus !

Pour terminer en beauté le court cycle consacré aux vacances, pas de longues analyses ou de psychologie cinématographique, non, mais plutôt quelques dernières recommandations avant de vous quitter. Voici donc une liste non-exhaustive des films que je vous conseille de visionner cet été…

Nos jours heureux (Éric Toledano et Olivier Nakache, 2006)

Certains, je l’espère, auront le sourire aux lèvres en lisant ce titre. Film français cultissime des deux compères Toledano et Nakache, Nos jours heureux raconte le quotidien d’une colonie de vacances à laquelle on aurait tous rêvé de participer. Cantine, plage – ou pas –, sorties, amours de vacances et bien sûr, boum du dernier soir, on se retrouve tous à un moment ou à un autre du film à crier : « Mais c’était exactement moi ça ! ». Au gré des bêtises enfantines et moins enfantines, l’aventure se construit sous nos yeux et pas du tout comme prévu. À la fois drôle et touchant (mais surtout très très drôle), vous ne pouvez que tomber sous le charme de Jean-Paul Rouve, Omar Sy, Marylou Berry et les autres !

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce qu’il sent bon les vacances, le soleil et l’insouciance estivale !

 

Ponyo sur la falaise (Hayao Miyazaki, 2008)

Je vous parlais de Souvenirs de Marnie la semaine dernière, c’est aujourd’hui un anime tout à fait différent que je vais vous présenter. Ponyo raconte l’histoire d’un petit poisson, Brünhild, qui décide de s’émanciper de son père, un ancien humain devenu magicien défenseur des fonds marins, et de se transformer en petite fille afin de vivre à la surface. Sur terre, elle fait la connaissance de Sōsuke et de sa mère Lisa, en qui elle trouvera une nouvelle famille. Ce film se rapproche bien plus de la philosophie des studios Ghibli que Souvenirs de Marnie, puisque l’on retrouve une chronologie linéaire, moins complexe, un combat engagé pour l’écologie et bien d’autres choses encore que vous découvrirez si vous visionnez ce superbe long-métrage…

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce que l’on vit en ce moment une véritable canicule et que la moitié du film se déroule sous l’eau, ce qui, allié au rire des jeunes enfants protagonistes, procure au spectateur une incroyable sensation de fraîcheur et un goût de limonade avant l’heure !

 

Vacances romaines (William Wyler, 1953)

Rien que le titre me donne envie d’enfiler mes espadrilles et de filer sur la vespa du beau Gregory Peck. Audrey Hepburn crève l’écran dans ce film où elle incarne Ann, une princesse d’un pays qu’on ne mentionne pas, qui fait la tournée des capitales européennes. À Rome, elle s’enfuit de son hôtel et s’endort sur un banc face au Colisée. Elle est recueillie par Bradley, dont elle ignore qu’il est en fait un journaliste chargé de l’interviewer. Ann lui demande de lui faire visiter la ville comme une vraie Romaine. La journée qu’il passeront ensemble sera inoubliable et marquera à jamais l’histoire du cinéma…

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? En relisant le titre, la réponse semble évidente, non ?

 

La Baule-les-Pins (Diane Kurys, 1990)

Cinquième film de la réalisatrice Diane Kurys, La Baule-les-Pins raconte les vacances à la mer des deux sœurs Frédérique et Sophie durant l’été 1958. Elles connaissent leurs premiers émois et ignorent tout de la mésentente de leurs parents. En effet, elles ne le savent pas encore, mais ils sont sur le point de divorcer. Léna, leur mère, interprétée par la magnifique Nathalie Baye, est tombée amoureuse d’un jeune artiste qu’incarne Vincent Lindon. Elle est prête à tout quitter pour lui… mais cette fuite en avant est-elle vraiment une solution ? Ce film s’inscrit dans une trilogie autobiographique composée à rebours, puisqu’elle débute avec Diabolo menthe (1977), qui raconte l’adolescence de Frédérique et Anne en 1963, se poursuit avec La Baule-les-Pins (1990), dans lequel Anne s’appelle Sophie et se termine avec Pour une femme (2013), qui remonte encore le temps et narre la jeunesse de Léna et Michel. Il nous révèle le lourd secret qui hante leur couple.

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce qu’il représente pour moi l’un des meilleurs exemples de l’âge d’or des vacances à la française…

 

L’auberge espagnole (Cédric Klapisch, 2002)

Ce n’est pas vraiment un film de vacances, a priori. Pourtant, lorsque Xavier – le charmant Romain Duris – décide de quitter sa vie à Paris, ses études d’économie et Martine pour partir faire un Erasmus à Barcelone, parmi une chouette bande de copains qui constitueront la fameuse auberge espagnole, rien n’indique vraiment qu’il se prépare à aller étudier assidûment durant toute une année… Drôle, original et piquant, un classique nouvelle génération, merci Monsieur Klapisch !

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce que la vie d’Erasmus se situe à mi-chemin entre la vie de vacancier et celle d’explorateur. Regardez L’auberge espagnole et faites votre choix…

 

Secret life of Walter Mitty (Ben Stiller, 2013)

Ben Stiller, à la fois devant et derrière la caméra, campe ici un journaliste à la vie banale s’inventant toutes sortes de péripéties pour combler le vide dans lequel il a l’impression de stagner. Après une surprenante et intrigante découverte, il se lance à la poursuite d’un but fabuleux qui l’emmènera aux quatre coins des États-Unis…

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce que Walter Mitty réalise en deux heures et cinq minutes les vacances les plus rocambolesques et extraordinaires que vous aurez l’occasion de voir au cinéma !

 

Divorzio all’italiana (Pietro Germi, 1951)

La Sicile, baignée de chaleur et de soleil. Un petit village à proximité de Ragusa. Un couple qui s’ennuie et quelques curieux. Puis soudain, l’arrivée d’une très jolie cousine qui bouleverse tout… Marcello Mastroianni, désabusé au possible, nous charme après une demi seconde d’apparition à l’écran et dès lors, on ne cesse de rire à ses ruses et à ses mœurs dénuées de scrupules. Un film qui dépeint les coutumes méridionales à merveille et une caméra qui garde toujours un esprit critique et une grande admiration pour le paysage brûlé des terres du sud.

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce qu’il se passe en été et que l’été, en Sicile, tout est possible…

 

L’été de Kikujiro (Takeshi Kitano, 1999)

Masao est un petit garçon de neuf ans un peu solitaire, un peu mal dans sa peau, qui n’a pas vu sa mère depuis longtemps. Les vacances d’été débutent pour lui et il trouve chez sa grand-mère, avec laquelle il vit, une photo de sa mère. Il décide alors de partir à sa recherche. C’est alors qu’il fait la connaissance de Kikujiro, un ancien yakuza[1], qui se propose de l’accompagner dans son périple. Ils passeront ensemble un été qui changera leur vie à jamais.

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce que ce film, à la fois émouvant et acidulé, à la fois poignant et léger, est une ode à l’amitié et aux vertus du voyage et qu’il a été pour moi une véritable révélation.

 

Le papillon (Philippe Muyl, 2002)

Julien – Michel Serrault plus émouvant que jamais –, un vieil homme solitaire, cultive une grande passion pour les papillons. Tous les étés, il se met à la recherche de l’Isabelle, une espèce rare qu’il désespère de trouver un jour. Le mois de juillet se profilant, il se prépare donc à partir avec pour seuls bagages son filet et sa tente. Seulement voilà. Cet été-là, Elsa, huit ans, s’ennuie seule chez elle avec son ballon de basket. Lorsqu’elle apprend que son voisin projette de partir en montagne, la petite rouquine se glisse dans sa voiture et décide de l’accompagner dans une chasse aux papillons qu’ils ne seront pas prêts d’oublier…

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce que même après l’avoir vu pas moins de huit fois, il réussit encore à m’émerveiller…

Comme un avion (Bruno Podalydès, 2015)

Michel, la cinquantaine, est passionné depuis toujours par les avions. Un jour, tout à fait par hasard, il se lance dans une recherche de palindromes et tombe sur le mot « kayak ». C’est alors qu’il s’aperçoit de la ressemblance formelle entre l’avion et le kayak. Après une brève hésitation, il commande un kayak en kit et décide de prendre huit jours de congé pour partir à la découverte du monde secret des rivières. Son chemin croisera celui d’un village dans lequel il rencontrera toutes sortes de gens excentriques. Il se retrouvera alors comme coincé dans une boucle spatiale l’obligeant à retourner toujours vers ce village inconnu, comme appartenant à un autre monde…

Pourquoi ce film figure-t-il dans cette liste ? Parce qu’on ne voit pas assez souvent Bruno Podalydès à l’écran, que malgré le léger malaise qui s’installe au fur et à mesure que la boucle prend de l’ampleur, le bruit de la rivière reste rafraîchissant et apaisant et enfin, parce qu’on n’avait pas vu Agnès Jaoui si belle et si généreuse depuis longtemps.

C’est donc ainsi que s’achève mon dernier numéro de Changement de bobine, qui cessera d’exister sous cette forme à peine ma phrase s’achèvera. Je laisse la plume un peu nostalgique, mélancolique… mais surtout impatiente de vous retrouver en septembre pour de nouvelles aventures !

Lea Mahassen

Références :

Nos jours heureux, Éric Toledano et Olivier Nakache (2006)

Ponyo sur la falaise Hayao Miyazaki (2008)

Vacances romaines, William Wyler (1953)

La Baule-les-Pins, Diane Kurys (1990)

L’auberge espagnole, Cédric Klapisch (2002)

Secret life of Walter Mitty, Ben Stiller (2013)

L’été de Kikujiro, Takeshi Kitano (1999)

Le papillon, Philippe Muyl (2002)

Comme un avion, Bruno Podalydès (2015)

Pour ceux qui voudraient assister à la toute dernière séance…

Et enfin pour ceux qui voudraient se rafraîchir avec un diabolo menthe…

[1] Les yakuzas composent la mafia japonaise.