Dans le cadre d’un partenariat, cet article vous est proposé par nos partenaires de Plumes Genevoises. Il est paru initialement sur leur site internet.

Partie de Puy-en-Velay Alisa nous tourne le dos, auréolée de son sac à dos, sa canne et son carnet de route.

Son regard rivé sur le sol avec pour seul but, arriver à bon port, jusqu’à Santiago de Compostelle, là où les pèlerins font et défont leurs pèlerinages.

C’est une longue marche, où le temps reste suspendu, avec l’oubli des frontières.

Sur son visage elle a posé son athéisme, sa méfiance, et ses « pourquoi ».

Et chemin faisant au hasard des rencontres elle se fait miroir du masque, celui d’une douleur vaguement prononcée.

Elle revient sur ses origines, de ses kilomètres parcourus à la lumière de l’aube, où rien ne lui appartient-mais où la nature la possède.

Elle sculpte au gré de ses vagabondages sa recherche dans l’inexorable lourdeur de la vie – avec ses craintes et ses questionnements.

Une autre comme elle, chemine, la devance ou la retarde, serait-ce son double ?

Elle avance à la hâte dans cette recherche continuelle qui la fait vivre – mais de quoi ?

Peut-être du désespoir qui la nourrit chaque jour davantage, mais s’exécute, en s’accordant au temps qui la fuit.

Possédant la force comme une énigme, souffrant des interludes entre deux arrêts, elle se révèle dans ses engagements.

Et, comme elle nous le souffle dans une écriture adaptée dans les détails, où la mémoire devient visuelle, on marche à tâtons derrières ses pas.

Arrivée au but, devant le gigantesque coquillage tant convoité, saura-t-elle nous murmurer que ça en valait le détour, que sa paix intérieure ce n’est pas d’avoir accosté à bon port, mais qu’elle peut encore continuer.

Et que la peur a disparu comme un nuage s’effaçant dans le ciel.

 

http://www.alhost.ch/

Isabella Coda-Bompiani