L’AEAPA (Association des Étudiant-e-s en Archéologie Préhistorique et Anthropologie) a été créée il y a plus d’une année. Pourtant, elle n’est toujours pas reconnue par l’Université. R.E.E.L. a souhaité en savoir un peu plus et a donc rencontré son comité.

Un comité représentatif de la filière 

La filière d’archéologie préhistorique et anthropologie se situe au sein de la Faculté des Sciences. Néanmoins, il est possible d’y accéder depuis celle des Lettres. Ce côté hybride est l’une des particularités de cette branche. Le comité de l’association, que nous avons rencontré, est représentatif de cette diversité. Il se compose des quatre membres fondateurs de l’association, auxquels viennent petit à petit se greffer quelques nouvelles têtes.
La présidente, Déborah Rosselet, est titulaire d’un bachelor en biologie orientation préhistoire, bachelor qui n’existe plus aujourd’hui. Pour son master en archéologie préhistorique, elle se concentre sur une approche plus anthropologique.
Anouk Papilloud, également issue des Sciences, occupe quant à elle le poste de secrétaire. Elle a d’abord fait une année en Lettres avant de choisir elle aussi la biologie orientation préhistoire.
Les deux autres membres ont commencé leur parcours universitaire en Lettres. Giorgos Kottas, le trésorier de l’association, a d’abord fait un bachelor en anglais et histoire générale, puis un master en histoire générale, avant d’entreprendre un complément d’études en archéologie préhistorique et anthropologie et d’entamer un master dans cette matière. Anaïs Deville, la quatrième membre du comité, est responsable du côté événementiel. Après avoir testé plusieurs départements au sein de la Faculté des Lettres, elle a finalement opté pour un bachelor en archéologie préhistorique et en Mésopotamie (langues et civilisations).
Le comité, comme tous les étudiants qui suivent cette branche, vient donc d’horizons bien différents. Nous reviendrons plus tard sur ce qu’apporte cette diversité à l’association. Mais d’abord, il faut commencer par présenter l’association, son historique et ses buts.

Genèse et buts de l’association

L’Assemblée constitutive de l’AEAPA a eu lieu le 29 septembre 2014, alors que le projet est déjà présent dans la tête de chacun depuis un petit moment. L’association a pour but premier de lier les deux laboratoires que compte la filière (l’un étant lié à l’Europe, l’autre à l’Afrique), de faire le pont entre les deux Facultés (Lettres et Sciences) et surtout de réunir tous les étudiants suivant ce cursus. En un mot, il s’agit de renforcer la cohésion au sein du groupe.
Cette cohésion peut se faire de diverses manières. Cet enseignement étant accessible par plusieurs biais, il faut parvenir à lier les étudiants entre eux, en les intégrant. L’association permet ainsi à chacun de s’impliquer. Elle offre également la possibilité de répondre aux problèmes administratifs de chacun, concernant la validation des cours et examens. S’il y a un souci à régler, les étudiants savent ainsi où s’adresser. En plus de ce rôle de conseiller aux études, l’AEAPA prône également un but social, en cherchant à renforcer les liens entre tous, à travers divers événements, qu’il s’agisse de visites, d’apéritifs ou encore de soirées.

Des problèmes de reconnaissance 

Si la diversité est l’un des points forts de la filière et de l’association, elle est également, d’un point de vue plus administratif, un point faible.
Après l’Assemblée constitutive, une demande officielle de reconnaissance est envoyée à l’Université en novembre 2014, selon le règlement trouvé sur le site internet de l’Unige.
Alors que les démarches semblent suivre leur cours, un article du Courrier datant de février 2015 change tout. Dans cet article, on apprend que la demande d’officialisation de l’AEAPA a été refusée par l’Université. C’est Marie Besse, la responsable d’un des deux laboratoires en charge de l’enseignement, qui prévient le comité. Personne n’était au courant de cet article, encore moins du refus de l’Université, qui ne les a jamais prévenus. C’est la stupéfaction au sein de l’AEAPA, qui décide alors de contacter la CUAE. La cause du refus était en fait un changement de règlement, demandant d’avoir 100 étudiants dans la filière pour qu’une association soit reconnue officiellement. Or, cette information n’était inscrite nulle part sur le site internet de l’Université.
S’en suivent dès lors des rencontres entre plusieurs associations et le rectorat dès mi-avril. La vice-rectrice – qui n’est plus en poste aujourd’hui –, juriste de formation, leur promet de changer les choses. De nombreux échanges de mails ont alors lieu et les rencontres vont de délais en délais. Un vote finit par avoir lieu au sein du rectorat qui décide de la levée de cette fameuse condition des 100 étudiants.
Le 24 juin, la responsable juridique contacte l’AEAPA pour lui demander des documents supplémentaires. Un problème demeure cependant : pour que l’association soit reconnue, elle ne doit être liée qu’à un seul laboratoire, l’empêchant ainsi de relier Europe et Afrique. Le comité refuse alors de ne choisir qu’un laboratoire. De plus, un nombre de 100 étudiants minimum leur est à nouveau demandé. Ils ne sont alors qu’une cinquantaine… Le comité se défend donc contre ce refus. La responsable juridique prend alors note de ceci et transmet l’information au rectorat, qui doit en discuter lors d’une séance le 17 août, voire plus tard, cette réunion étant déjà très chargée.
Les nouvelles tardent à venir. Enfin, le 6 octobre dernier, le comité reçoit un mail. Déborah Rosselet, présidente, va pouvoir rencontrer la juriste afin que le dossier soit enfin transmis au rectorat.
Affaire à suivre…

Que fait l’association en attendant sa reconnaissance ? 

Le principal problème de cette absence de reconnaissance officielle est le manque de fonds pour organiser des activités, l’Université ne versant de l’argent qu’aux associations reconnues. La première année, l’AEAPA a donc organisé un appel de dons auprès des étudiants et des professeurs, lors d’un apéritif. Cela a plutôt bien fonctionné et a permis au comité d’organiser d’autres événements par la suite. Il pensait, pour la deuxième année, pouvoir obtenir des cotisations de la part des autres membres, comme cela se fait dans d’autres associations.[1] La reconnaissance n’étant toujours pas acquise, cet argent n’a jamais été obtenu. 94% des étudiants en archéologie préhistorique et anthropologie étaient pourtant inscrits à l’association ! Que faire donc pour cette deuxième année d’existence ? Un nouvel appel de dons est prévu, le comité actuel n’ayant pas envie de laisser aux suivants une association qui ne peut pas survivre financièrement.

Une association active

Il serait regrettable que cette association disparaisse, faute de moyens, au vu des nombreux événements qu’elle organise. L’an dernier, ils ont d’abord organisé un apéritif de rentrée. Plusieurs visites dans des musées comme au Laténium de Neuchâtel ont également été permises grâce au travail des membres du comité qui, par le biais de contacts qu’ils ont là-bas, ont pu obtenir des entrées gratuites pour les étudiants. En fin d’année, l’AEAPA a également organisé une soirée raclette, en proposant divers tarifs selon la consommation de chacun (nourriture, alcool ou non…). Entre avril et juin, le comité a également organisé plusieurs « apéro-pétanque », sous la forme de buffet canadien, chacun amenant quelque chose, en plus de ce qui restait dans les stocks. Durant le mois de juin, l’AEAPA a participé, en collaboration avec le département des Sciences de l’Antiquité, au traditionnel sanglier, près de Versoix.
Le but visé est véritablement d’être une association active. Les membres veulent faire parler de l’archéologie, d’où l’idée d’organiser des événements culturels, comme des visites, voire même, à l’avenir, des conférences. Récemment, les étudiants ont ainsi pu assister, en avant-première, à une visite de l’exposition sur Lascaux, actuellement à Palexpo.[2] Outre les audioguides compris dans l’entrée, une démonstration de taille de silex leur a également été proposée.

Quelques projets d’avenir

En plus de continuer à organiser des événements, l’AEAPA prévoit plein d’autres choses pour cette année. Le comité veut s’agrandir – ils ne sont que quatre actuellement – notamment en créant de nouveaux postes. L’objectif principal de cette année 2015-2016 reste évidemment d’être enfin reconnu par l’Université, afin de laisser une association saine aux suivants, avec des finances correctes qui permettront à l’association de continuer à organiser tous ses événements. Enfin, il s’agira de remplacer certains membres, qui arrivent cette année en fin de master.

L’AEAPA est une association active, d’autant plus avec le peu de moyens dont elle dispose. Il serait regrettable qu’elle disparaisse. Son équipe et tout ce qu’elle organise méritent vraiment d’être connus, et d’être reconnus.

Fabien Imhof

[1] Il suffit de s’inscrire sur une liste et une partie de la taxe semestrielle est versée à l’association.

[2] https://www.palexpo.ch/en/agenda/lascaux