Chaque année, c’est la même chose. Les clubs anglais engrangent, les petits sont vite éliminés et le Barça gagne à la fin. On peut citer les clubs que l’on retrouve chaque année en huitièmes de finale : Arsenal, Chelsea, Manchester United, Barcelone, Lyon, Porto, le Real Madrid… De ces huit équipes, seules trois sont d’ores et déjà qualifiées (Arsenal et les deux clubs espagnols cités), les cinq autres pouvant être éliminées lors du dernier match. Ce ne sont que quelques exemples, car cette année la C1 semble décidée à offrir de nombreuses surprises, n’en déplaise aux cadors supposés. Le point groupe par groupe.

Groupe A : City ? Qui est-ce ?

Manchester City est l’actuel leader incontesté de la Premier League. Pourtant, le parcours européen des Citizens est loin d’être aussi bon qu’en championnat. Après leur défaite à Naples de mercredi dernier (2-1), la qualification s’annonce pratiquement impossible. Il leur faudra pour cela battre le Bayern Munich, certes déjà assuré de terminer premier, tout en espérant que Naples ne gagne pas chez un Villarreal déjà éclipsé de tout avenir continental, parce qu’il n’a pas encore récolté le moindre point. Ces deux éléments semblent difficilement envisageables, tant le Bayern semble fort cette saison, et Villarreal faible.

Groupe B : Lille, le revenant

Si l’Inter est déjà assuré de terminer premier, les trois autres membres de cette poule peuvent encore finir à n’importe quelle autre place, de la seconde, offrant une qualification pour les huitièmes de finale, à la quatrième, ne donnant droit qu’à des vacances printanières. Pour le CSKA Moscou, la donne est fort simple : ils doivent gagner à Milan lors de la dernière journée, tout en espérant un nul entre Lille et Trabzonspor. Ces deux équipes ont, elles, leur destin entre leurs mains, une victoire leur assurant la qualification avec certitude, un nul pouvant même suffire au club turc au cas où le CSKA ne battrait pas l’Inter. En sachant que Lille n’avait obtenu que deux points lors des quatre premières journées, le fait d’avoir encore la possibilité de se qualifier est miraculeux.

Groupe C : FC BASEL !

C’est le match auquel tous les supporters helvétiques rêveraient d’assister : FC Bâle – Manchester United. Une victoire, certes très improbable, assurerait au club suisse la qualification au détriment de son adversaire du jour. Benfica, en revanche, est déjà qualifié, et la première place ne devrait être qu’une formalité, une victoire contre Otelul Galati, dernier du groupe sans le moindre point, lui assurant celle-ci.

Groupe D : Lyon espère un miracle

Les journaux français en sont déjà à parler de fin de cycle, le club rhodanien n’ayant pas été éliminé à ce stade depuis la saison 2002-2003. Ayant trois points de retard sur l’Ajax, deuxième, il leur faudrait remonter un goal average défavorable de sept buts lors de la dernière journée. Ainsi, ils devraient par exemple gagner 3-0 à Zagreb contre le Dynamo, tout en espérant une victoire 3-0 du Real à Amsterdam. Difficile à envisager, surtout étant donné que la première place est déjà acquise pour le Real.

Groupe E : le chant du cygne d’André Villas Boas ?

Mal en point en championnat, Chelsea risque l’élimination dès le premier tour de la Ligue des Champions lors de son duel au sommet contre le FC Valence du mardi 13 décembre. Tout autre résultat qu’une victoire ou qu’un nul 0-0 éliminerait les blues, ce qui signerait sans grand doute la fin du (court) règne du « Special Two ». Le Bayer Leverkusen, lui, est déjà qualifié, et se déplacera chez un Racing Genk déjà éliminé pour valider sa première place.

Groupe F : little OM…

L’Olympique de Marseille a une capacité bien connue en Ligue des Champions : celle de perdre les matchs clefs disputés à domicile. Après celui contre le Spartak Moscou l’an passé, c’est face à l’Olympiakos qu’ils ont cédé cette année, une nouvelle fois sur le score de 0-1, alors que la qualification leur semblait promise. Désormais, il leur faudra gagner à Dortmund, ou alors ils seront sous la menace de l’Olympiakos, si ceux-ci gagnent contre l’équipe junior qu’Arsenal ne manquera pas d’envoyer, sa première place ne pouvant plus être contestée. Il faut en outre signaler que si sa qualification paraît encore plus improbable que celle de Lyon, le Borussia Dortmund n’est pas encore éliminé. Une victoire par un score supérieur à celui de leur défaite lors du match aller (remporté 3-0 par Marseille) pouvant les qualifier en cas de victoire londonienne en Grèce.

Groupe G : l’Apoël au-dessus du lot

Dans la poule des trois outsiders (le FC Porto, le Zénith St-Petersbourg et le Chakhtior Donetsk), c’est au final celui que tout le monde pensait dernier qui a déjà sa qualification en poche : l’Apoël Nicosie, premier club chypriote à atteindre les huitièmes de finale de la Ligue des Champions ! La lutte sera en revanche intense entre le club portugais et son homologue russe, une victoire à domicile face à son rival étant indispensable au premier pour pouvoir se qualifier.

Groupe H : ah, ce n’est pas déjà terminé ?

Dans ce groupe, la lutte promet d’être acharnée pour, euh… rien, en fait, si ce n’est les quelques points et euros offerts pour une victoire supplémentaire. Il s’agit de l’unique poule où deux clubs sont déjà certains de passer l’hiver, mais cela ne s’arrête pas là, étant donné que toutes les places sont déjà pratiquement figées. Il reste en théorie une lutte pour la troisième place, mais il faudrait pour cela que Bate Borisov aille gagner au Camp Nou, pendant que le Viktoria Plzen perdrait à domicile contre l’AC Milan… Non, vraiment, l’ordre est déjà établi : FC Barcelone – AC Milan – Viktoria Plzen – Bate Borisov. Mais il s’agit du seul groupe où c’est le cas, tous les autres promettant un passionnant duel final.

 Pierre-Hugues Meyer