C’est dans un style plein de poésie, de jeux de mots, de musique, et surtout d’humour que la jeune auteure et metteure en scène Lou Ciszewski nous plonge au milieu des sulfureux débats qui animent la société de l’époque du 18ème siècle; à savoir : la condition des esclaves décrite dans ‘’Le Code Noir’’, le libertinage, les vices de la monarchie absolue et bien sûr la liberté !

C’est l’histoire d’une famille bourgeoise marchande ; la mère, Mme d’Allicart, libertine et fière d’appartenir à la classe bourgeoise, veut à tout prix marier son fils Guillaume à une fille que ce dernier n’apprécie guère. Tourmenté par cette situation, il n’arrive plus à trouver le sommeil et cherche désespérément une solution.

Cependant il n’y pas que le mariage qui trouble le sommeil du jeune homme. En effet, Guillaume est un poète et idéaliste visionnaire : il rêve de la liberté du peuple français mais aussi de la liberté des esclaves ; il est l’image-même du héros. Et, pour mener à bien son projet, il compose un recueil de poèmes intitulé ‘’LE CODE BLANC’’. Or, pour qu’il soit entendu, il faut qu’il se fasse publier : là encore, la partie n’est pas jouée. L’éditeur chez qui il désire se faire publier, Mr Marigal, est en réalité l’amant de sa mère.

Nous voilà maintenant au dénouement. L’œuvre du poète est publiée ; le peuple français, après avoir bu l’élixir de la Liberté offert par Guillaume, envahit les rues et menace de renverser le pouvoir en place. Impuissant face à l’ampleur de l’événement, notre jeune poète, porteur de lumière de la Nation, va s’exiler.

Suivez en résumé notre entretien avec la metteure en scène Lou CISZEWSKI et également avec les comédiens (Etienne FROIDEVAUX, Laurence JAQUET, Karel MATOUSEK, Priscilla MBUINZAMA, Anne-Lys MURISIER, Karine RENARD, Chloé SERUGENDO, Kenza TEFAHI et Leonard VAUTRIN)

R.E.E.L. : Bonjour, pouvez-vous vous présenter s’il-vous plait ?

Lou : Je m’appelle Lou Ciszewski, j’ai 20 ans, je suis étudiante en bachelor de philosophie et littérature anglaise.

R.E.E.L. : Pouvez-vous nous expliquer comment vous est venue l’idée d’écrire cette pièce, et comment vous avez construit votre troupe ?

Lou : En fait, j’ai écrit cette pièce dans le cadre de mon travail de maturité au collège ; j’ai ensuite eu envie de voir ce que cela pourrait donner sur scène. J’ai alors commencé à chercher des jeunes comédiens : à commencer par des amis que je connaissais du théâtre (ndlr : elle a fréquenté les ateliers du Conservatoire de Genève pendant deux ans), et au mois de septembre, avant les répétitions, j’ai réussi à construire l’équipe que j’ai aujourd’hui. Le nom du groupe ‘’YOPO’’ avait été proposé par Etienne ; ce qui signifie You Only Play Once ;

J’ai trouvé le nom intéressant : cela faisait un joli pied de nez aux jeunes qui utilisent vraiment l’expression YOLO. Nous avons donc décidé de le garder.

R.E.E.L. : Êtes-vous passionnée de littérature ? Est-ce que vous écrivez ?

Lou : Oui ! J’écris souvent, et c’est ce que j’aimerais faire plus tard…continuer à écrire et mettre en scène. J’aime beaucoup la poésie : Apollinaire, Victor Hugo…

R.E.E.L. : Quel est selon vous la meilleure manière de former un groupe de théâtre tel que le vôtre ?

Kenza : Je pense que les traits les plus importants pour créer une cohésion de groupe sont d’abord d’avoir un objectif commun et de respecter les limites des uns et des autres.

R.E.E.L. : Comment vous sentez-vous quand vous êtes sur scène ?

Karel : C’est assez spécial comme sensation. Devant le public on a à la fois ce plaisir immense à pouvoir jouer et en même temps on est un peu au bord du gouffre. Cela veut dire qu’à la moindre petite erreur, on peut soi-même complément se déconcentrer ou aussi déconcentrer les autres, et détruire toute une scène…

Léonard : Personnellement quand je suis sur scène il y a cette sorte de déferlement d’adrénaline qui me motive et en même temps dissimule le stress.

Karine : Cela me permet d’expérimenter des caractères que je n’aurai jamais : par exemple, crier sur tout le monde, être super agaçante, autoritaire.

Étienne : pour moi être comédien c’est un moyen d’abord de pouvoir faire rire les autres, et aussi de pouvoir ouvrir les yeux sur des réalités.

Priscilla: Être comédien, pour moi, c’est se dépasser et faire des choses qu’on n’aurait jamais faites ; et également d’avoir une certaine liberté.

Laurence : C’est aussi pouvoir mettre son quotidien de côté, et être à fond dans le rôle qu’on doit jouer.

R.E.E.L. : Aviez-vous des projets pour l’avenir ?

Chloé : Moi non… pas spécialement. Mais si je devais, ça serait plutôt dans le cinéma.

Anne-Lys : Moi j’aimerais bien continuer sur cette lancée et donc je serai là si quelqu’un a besoin de moi.

Stéphane Kamenan

Crédit photo : Amadeus Kapp