Dès le 13 décembre, vous pourrez découvrir sur les écrans la nouvelle adaptation du Crime de l’Orient-Express. La dernière réalisation de Kenneth Branagh attire avant tout par son casting prestigieux et la promesse d’un regard neuf sur une histoire vue et revue…

Qui n’a jamais entendu parler du Crime de l’Orient-Express, l’un des plus grands succès d’Agatha Christie ? Qui ignore la révélation finale, le dénouement fascinant de ce chef d’œuvre policier ?

Lorsque nous embarquons avec plaisir à bord de l’Orient-Express de Branagh, les plus novices d’entre nous tentent déjà de trouver le meurtrier ; les plus aguerris se demandent naturellement comment le chef d’œuvre va être réinterprété.

Ce nouveau film est très semblable au roman et à sa première adaptation cinématographique, celle de 1974, réalisée par Sidney Lumet, qui avait non seulement connu un succès retentissant au box-office mais avait aussi été acclamé par la critique. Il était aidé à l’époque d’une distribution fabuleuse, réunissant Sean Connery, Lauren Bacall, Ingrid Bergman et Albert Finney.

Fidèle à la tradition des adaptations d’Agatha Christie, le casting du petit nouveau donne également l’eau à la bouche : Kenneth Branagh convaincant dans le rôle d’Hercule Poirot (bien qu’on puisse regretter qu’une fois de plus, le petit détective belge ne soit pas interprété par un acteur francophone), la grande Judi Dench, Daisy Ridley (qu’on a pu découvrir dans le dernier Star Wars), Willem Dafoe, Michelle Pfeiffer ou encore Johnny Depp se partagent l’affiche. Ils incarnent avec précision et classe les différents suspects et proposent un jeu tout en justesse.

Seulement voilà, il semble impossible en 2017 de produire un film sans un nombre hallucinant de scènes de combat et Kenneth Branagh n’échappe malheureusement pas à la tendance.

C’est ainsi que le fameux Orient-Express est immobilisé par la neige suite à une avalanche digne d’un film catastrophe. De même, les suspects tentent les uns après les autres de s’échapper du train et de s’entretuer dans d’ahurissantes cavalcades. Tant d’éléments ajoutés qui, s’ils ne figurent pas dans l’histoire originale, pourraient être intéressants s’ils apportaient quelque chose à l’intrigue ou à l’expression de l’intériorité des personnages. Malheureusement, ils participent seulement à une dramatisation extrême de la trame générale. Le Crime de l’Orient-Express deviendrait presque un film d’action.

Or, ce que l’on perd principalement, c’est l’impression du huis-clos. Puisque les suspects se promènent sur le toit du véhicule, s’enfuient dans la neige, escaladent les échafaudages sous le train (ce dernier étant arrêté sur un pont suspendu à 10000 mètres du sol, parce qu’il ne faut pas faire les choses à moitié : être coincé à des centaines de kilomètres de la ville la plus proche ne suffisait pas), le « huis-clos ferroviaire » qui faisait le charme de l’histoire disparaît.

Loin de proposer, donc, une nouvelle interprétation, Kenneth Branagh produit une copie du film de 1974 avec l’ajout de quelques scènes dramatiques inédites (et inutiles). Et c’est avec regret que l’on constate le manque de prises de risques.

Cela dit, tout n’est pas à jeter. Pour ceux qui connaissent l’histoire, le casting suffit à lui seul à faire le déplacement et l’on suit avec tendresse Hercule Poirot tenter de démêler le vrai du faux. Pour ceux qui découvrent l’histoire, la révélation et la morale sont toujours aussi vibrantes, même 80 ans après son écriture.

Les fans du genre policier devraient somme toute y trouver leur compte…

Céline Zinguinian

Infos pratiques :

Le crime de l’Orient-Express (Kenneth Branagh)

Sortie en Suisse le 13 décembre 2017