Il a été dit le mois dernier que les étudiants avaient la possibilité de donner leur avis sur leurs enseignements, notamment via les commissions mixtes. Néanmoins, il existe aussi une instance qui leur permet de donner leur avis sur le choix des professeurs du département : les commissions de nomination.

À chaque fois qu’un poste de professeur (ordinaire ou associé) est à pourvoir, une commission de nomination doit être constituée. Celle-ci se compose « du directeur du département, du responsable de l’unité concernée, d’un membre du corps intermédiaire, de deux experts externes[1] »… et d’un étudiant ! C’est ce que nous explique Paulos Asfaha, étudiant membre d’une commission de nomination en histoire suisse l’année passée. Une fois le poste officiellement mis au concours, la nomination se passe en plusieurs phases.

La première étape consiste à étudier toutes les candidatures reçues. Une première sélection est effectuée par les membres de la commission. Dans un deuxième temps, les postulants encore en lice sont invités à envoyer des publications significatives (« une monographie et plusieurs articles », nous précise Paulos). Pour ne pas surcharger les membres de l’instance, ceux-ci sont divisés en paires et les publications sont réparties entre les groupes ainsi formés, qui ont ensuite pour responsabilité de présenter leur évaluation à la commission. Cette dernière effectue alors une deuxième sélection, qui détermine les personnes invitées pour une leçon d’essai.

Ces leçons d’essai sont publiques ; les étudiants, notamment, sont cordialement invités à venir et à donner leur avis sur les candidats. Au terme de ces leçons d’essai, un entretien est organisé avec les postulants restants, avant que la commission ne se réunisse une dernière fois pour déterminer l’heureux élu.

Il s’agit donc d’une procédure de longue haleine, mais elle est très importante. Un professeur a nécessairement ses domaines de recherches privilégiés ; influencer sur le choix effectué dans ce domaine, c’est donc impacter les recherches menées et les enseignements proposés par le département durant de nombreuses années. Or, les étudiants ont la possibilité de donner leur avis sur cette question déterminante. L’étudiant membre de la commission « peut se faire entendre en posant les bonnes questions. Typiquement, si un étudiant soulève des questions pratiques comme « combien de travaux de mémoire avez-vous suivi ? », cela peut faire passer les intérêts des étudiants au premier plan » nous explique Paulos.

Cependant, comme l’affirmait Sandrine Maulini pour les commissions mixtes, notre interlocuteur « pense qu’il y a un problème de communication plus général, parce qu’il y avait plein d’étudiants qui ne savaient même pas que la procédure existait et que les leçons probatoires allaient avoir lieu. » Aussi, je me répète : ne laissez pas passer votre chance d’intervenir dans l’avenir du département !

Pierre-Hugues Meyer

[1] Les « experts externes » sont en général des professeurs d’autres universités, dont la responsabilité est d’évaluer la crédibilité scientifique des postulants.