Il est de notoriété publique que les Ports Francs renferment des trésors mystérieux qui, même s’ils semblent à portée de main, restent inatteignables…

Pourtant, l’article d’aujourd’hui va vous prouver qu’impensable et infaisable ne sont pas forcément toujours équivalents. En effet, l’Université de Genève accueille en son sein une des rares pièces que l’on a réussi à extirper des griffes des Ports Francs.

La deuxième histoire de ce sarcophage romain débute le 5 décembre 2010 quand il est découvert par l’Administration fédérale des douanes dans un entrepôt des Ports Francs. S’ensuit une longue épopée juridique digne des plus grands vers de l’Énéide qui se conclut par une victoire des autorités genevoises, qui ont obtenu le rapatriement de cette magnifique œuvre antique en Turquie, d’où elle avait été extraite illicitement de la nécropole du site archéologique de Perge.

Mais avant d’entamer le voyage qui le ramènera à sa terre d’origine, tel Ulysse rêvant des côtes d’Ithaque, le sarcophage passera l’été dans la salle des moulages de l’Université de Genève au frais, dans les sous-sols du bâtiment des Bastions. Ce chef-d’œuvre antique, sculpté dans le marbre au IIe siècle ap. J.-C., représente minutieusement sur ses quatre côtés les douze travaux imposés à Hercule, côte à côte. Cependant, l’aspect le plus frappant de ce sarcophage est son excellente conservation ; la plupart des pièces de ce type ayant été retrouvées dans un état fragmentaire.

Ce sarcophage est véritablement à lui seul un motif suffisant pour venir visiter la salle des moulages, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est bien entouré. Car s’il est incontestablement la pièce maîtresse de l’exposition, trônant à l’instar d’un empereur romain au milieu de la salle, d’autres sculptures et objets fascinants sont également présentés. En témoignent, par exemple, les très belles monnaies frappées sous l’Empereur Hadrien. Exposées derrière de grandes vitrines, elles sont chacune accompagnées d’une description et d’une explication sur la symbolique des images représentées. L’exposition vous embarque aussi en Grèce antique avec, notamment, des sculptures originaires d’Athènes.

Alors, si vous souhaitez voir un enfant étrangler une oie, la tête d’un cheval figé pour l’éternité ou une statue de dieu en bronze s’apprêtant à lâcher son divin courroux sur l’humanité, ou simplement si vous êtes de passage et que vous désirez trouver une petite oasis de fraîcheur en compagnie de grandes figures du passé, n’hésitez pas à vous rendre à la salle des moulages du bâtiment des Bastions !

Informations utiles :

https://www.unige.ch/lettres/antic/archeo/expositions/

Photo :

https://www.khanacademy.org/humanities/ancient-art-civilizations/greek-art/early-classical/v/artemision-zeus