Comme vous le savez certainement, lundi 28 novembre aura lieu le premier café R.E.E.L. en collaboration avec une association. Nous ouvrirons le bal avec l’Association des Étudiants en Langue, Littérature et Civilisation Arabes, l’AELCA. Nous vous la présentons aujourd’hui.

Tout d’abord, saviez-vous qu’il existait une unité d’arabe ? Et puis pourquoi étudier l’arabe aujourd’hui ? Qu’est-ce que l’AELCA et en quoi peut-elle aider les étudiants, jeunes et moins jeunes, à se sentir membre à part entière de l’organisme de l’université ? Voilà les questions que nous autres, étudiants en arabe, nous sommes posées avant de nous lancer dans un cursus long et semé d’embûches.

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous pensez à l’arabe ? Après un bref sondage, je me suis aperçue que les mots « Syrie », « califat », « terrorisme » et « baklavas » revenaient très souvent. Or, en cours d’arabe, on parle, certes de califat, mais celui du VIIe siècle, on évoque à peine le terrorisme et on ne mange malheureusement pas de baklavas. Mais alors, que fait-on ? Eh bien on commence par aborder la langue arabe sous l’angle de la grammaire et de la prononciation, qui diffère grandement du français, on assume la bonne part de ridicule qui émane de nous lorsque nous nous essayons à la lecture des textes, on sort de soi-même, on rit et on découvre avec délices cette langue fascinante. On bénéficie, de plus, de cours d’histoire et de culture ainsi que de séances de lecture de journaux. En 3ème année, on est initié à la littérature moderne et classique et l’on finit en apothéose avec un séminaire qui traite du Coran et de son exégèse. Vous remarquerez que jusqu’ici, pas une fois je n’ai prononcé les mots « Syrie », « califat », « terrorisme » ou « baklavas ».

À la question « Pourquoi étudier l’arabe aujourd’hui ? », je ne peux pas répondre objectivement. Cependant, il est vrai que dans le contexte actuel, l’arabe rejoint l’anglais et le chinois dans la voie des « langues à parler pour trouver un travail plus tard ». Ce n’est pourtant pas pour cette raison que la plupart d’entre nous a commencé à l’étudier. Certains l’ont fait par intérêt pour la religion musulmane, d’autres pour comprendre le contexte socio-politique dans son ensemble et en langue originale, d’autres, encore, pour tenter de renouer avec leur passé, leur famille et des racines quelque peu… déracinées. La première personne à qui j’avais posé la question, et dont je tairai le nom, m’avait répondu : « Parce que c’est cool ! », donc vous voyez, il y a vraiment plusieurs motivations…

Je vais maintenant répondre à la dernière interrogation que j’ai soulevée, à savoir, qu’est-ce que l’AELCA et en quoi peut-elle aider les les étudiants à évoluer dans le microcosme universitaire dans la joie et la bonne humeur. Elle existe depuis cinq ans et depuis cinq ans, elle poursuit le même but : promouvoir la langue et la culture arabes autrement que par des nouvelles du conflit israélo-palestinien ou par des devoirs de traductions de Tawfiq al Hakim(1) . Ainsi, cette association propose régulièrement des cycles de projections autour d’un même thème. Comme le veut la tradition orientale, ces projections sont toujours accompagnées de thé vert et de diverses gourmandises que chacun se propose d’apporter. En 2015, le comité a organisé quatre jours à Paris. Les étudiants intéressés ont pu bénéficier, pour une somme tout à fait raisonnable, de visites au cœur du Paris arabe, en découvrant par exemple le très pittoresque quartier de la Goutte d’Or, l’Institut des Cultures de l’Islam, niché dans un petit jardin paradisiaque ou encore le fameux restaurant Chez Marianne, en plein Marais, qui leur a dévoilé les meilleures spécialités séfarades de la ville. L’AELCA se charge également de faire le lien entre professeurs et étudiants, que ce soit dans un rôle de médiateur, de communicateur, ou simplement d’organisateur ; car chaque année, aux alentours de Noël, elle organise avec la très motivée et dévouée professeur Sophie Glutz von Blotzheim Alsaadi une soirée pour réunir tout le monde autour d’un buffet accompagné de musique et de… théâtre ! En effet, voilà deux ans que l’AELCA promeut l’atelier théâtre que Mme Glutz von Blotzheim Alsaadi dirige et qui a enchanté la soirée de Noël 2015. L’association reste, enfin, à la disposition des étudiants pour toutes les questions administratives, les angoisses pré-examens, les questions existentielles, les répétitoires et autres doutes qui pourraient leur traverser l’esprit…

En bref, sans parler de califat ou de terrorisme, en ne mangeant de baklavas qu’à la soirée de Noël lorsque la charmante Mme Abeer Khoury nous fait l’immense plaisir d’en amener, nous passons de belles années au sein d’une unité dans laquelle on se sent bien, aux côtés d’une association qui nous veut du bien.

 

(1)Il s’agit d’un auteur égyptien de années 30. Il a écrit de nombreuses pièces de théâtre absurdes dans lesquelles il s’interroge sur la société de son époque à l’aide de personnages représentant les différentes classes politiques. Je vous conseille vivement de jeter un œil à son texte le plus connu, Journal d’un substitut de campagne, qui a bénéficié d’une excellente traduction et que j’ai personnellement adoré !

Photo : © Calligraphie de Hassan Massoudy
« Ouhibbou Zahrat Bati-at oul-id-har »
(« J’aime une fleur lente à s’épanouir » – Gentil Bernard)