Du 20 au 22 octobre dernier, à la galerie DémART en centre-ville de Lausanne, s’est déroulée l’exposition éphémère ‘’Mon Lausanne’’ qui regroupait une quinzaine d’artistes de la région lausannoise réunis sur une seule et même thématique : la ville elle-même.

Tout d’abord, cette exposition consistait à promouvoir les talents locaux, en particulier les jeunes artistes passionnés d’art et de culture. Elle se caractérise par sa grande diversité puisque photographie, peinture, gravure, dessin, collage et même peinture sonore se sont alliés pour représenter, chacun à sa façon, la ville de Lausanne dans sa globalité.

En effet, il y a autant de représentations que d’angles de la ville réunis dans un seul et même endroit, un seul et même espace. Une multitude de lieux sont représentés, certains symboliques comme le quartier vivant du Flon ou celui d’Ouchy à proximité du Lac Léman et d’autres plus banaux mais représentatifs du quotidien des habitants. Par ailleurs, les artistes participants mettent l’accent sur les bâtiments qui font la renommée de Lausanne comme la cathédrale, la tour Bel-Air et autres architectures plus contemporaines situées en plein cœur de la ville afin de créer une fusion entre monde urbain et artistes. Les habitudes de la vie quotidienne, comme prendre les transports, boire un verre ou même téléphoner sont également mises en avant pour rendre compte de la potentialité d’art dans chaque geste, chaque activité. Dans ses Pensées, Pascal disait « quelle vanité que l’art, qu’on attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux » et c’est en effet ce que Mon Lausanne a fait ! Il a pris des petits bouts de la ville, des petits gestes de la vie, des expressions de visages pour en faire de véritables œuvres d’art ou pour tout simplement nous faire redécouvrir des choses que nous côtoyons tous les jours et nous en faire susciter une admiration éteinte depuis longtemps.

Synonyme de diversité mais également d’exhaustivité Mon Lausanne varie les lieux, les modèles, les arts et, à travers ceux-ci, les perspectives, les textures, les palettes de couleurs pour donner à la fois une vision actuelle de la ville et de ses habitants, mais aussi une vision futuriste, ce qui nous donne un avant-goût de l’évolution de la ville, du monde. Ce Lausanne dans le futur, représenté à travers un jeu de clair-obscur qui relève de la science-fiction et du fantastique façonne notre imagination et nous plonge dans une réalité hors du temps. Ainsi, le spectateur s’immisce doucement dans l’univers des artistes et dans leur imaginaire, ce qui lui permet de se représenter les choses en fonction d’autrui et d’acquérir une ouverture spirituelle, de sortir de ses réalités dites établies.

Donc, dans Mon Lausanne, il y a tout : la ville de jour, de nuit, dans le présent, dans le futur, mais il y a surtout ce point de vue commun sur un environnement en pleine expansion qui évolue en même temps que ces artistes. Ces artistes talentueux qui trouvent, par leur art, leur place dans la société et laissent ainsi leur trace, leur empreinte sur le monde. Par conséquent, le public en conclut que cette alchimie est réussie quand il voit toutes ces personnes réunies autour d’un thème, celui de la création. Et, face à ce groupe d’individus passionnés et volontaires, il en tire une morale bien plus précieuse : le partage, la solidarité, l’humanité pour que finalement Mon Lausanne devienne notre Lausanne à tous.

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Dans le cadre de cette exposition, j’ai eu la possibilité de rencontrer Peterson Nanje, jeune artiste et fondateur du projet Mon Lausanne, ce qui le projette au rang de figure prometteuse dans un univers culturel et artistique lausannois en plein essor. Lors de cet entretien, j’ai pu lui poser diverses questions afin de mieux me rendre compte de son travail, de ses motivations et de ses ambitions.

R.E.E.L. : Qui es-tu ?

Peterson Nanje : Je m’appelle Peterson Nanje et je suis Lausannois. Je suis passionné d’arts visuels et de musique, ce qui m’a poussé à fonder mon label qui se nomme ‘’Union Power Music’’ il y a quatre ans avec mes amis Joël Massadila et Stéphane Macé.

R.E.E.L. : En quoi consiste ce label ? Dans quel but a-t-il été créé ?

P. N. : C’est un label qui comprend neuf personnes au total, avec des chanteurs ou rappeurs, des photographes, des graphistes et designers, et d’autres qui s’occupent de l’événementiel. Le but premier de ce label est de promouvoir la culture urbaine à Lausanne ainsi que les jeunes artistes de la région suisse à travers des événements artistiques et culturels comme par exemple le festival FestUnion qui existe depuis maintenant deux ans et qui regroupe une vingtaine d’artistes (chanteurs, rappeurs et musiciens) et également l’exposition Mon Lausanne qui est cette fois-ci une sorte de festival d’images et qui regroupe une quinzaine d’artistes en tous genres (photographes, dessinateurs, peintres).

R.E.E.L. : Pourquoi cette envie de promouvoir les jeunes artistes locaux ?

P. N. : On habite à Lausanne et comme on est nous-même artistes à la base, on a souffert de ce manque d’exposition, c’est-à-dire qu’on fait de la musique sans avoir eu la chance de pouvoir exposer notre travail. Alors, on s’est dit que c’était à nous de créer ce genre de plateforme, ce genre d’exposition, car on sait ce que l’on veut et ce dont on a besoin pour partager notre art. On a fait ce pas et on espère que cela permettra à d’autre gens de faire la même chose et de créer une sorte de mouvement.

R.E.E.L. : Pourquoi ce thème « Mon Lausanne » ?

P. N. : C’est assez drôle car, quand j’ai eu l’idée de faire cette exposition, j’ai regardé une photo de Lausanne du photographe Lewis Gashaza – qui fait également partie du projet d’ailleurs avec Laeticia Shouk – qui m’a vraiment inspirée. Alors, je me suis dit que si on créait une exposition sur ce thème avec plusieurs artistes qui photographieraient et illustreraient la ville sous plusieurs angles différents, on pourrait avoir Lausanne en entier ici-même dans cette galerie. Notre but était de réunir les artistes sur un thème commun et de créer une sorte d’alchimie entre les artistes et ce nouveau monde, donc ce thème « Mon Lausanne » concerne en même temps les artistes et le public, ce qui crée un lien très fort vis-à-vis de la ville, car tu te dis que c’est la tienne.

R.E.E.L. : Quels sont tes autres projets ? Où est-ce qu’on peut te retrouver prochainement ?

P. N. : J’ai plein d’autres projets en cours, mais les principaux sont Mon Lausanne 2 et FestUnion 3 pour l’année prochaine. Et une petite surprise pour la fin de l’année 2016. En attendant, vous pouvez nous retrouvez sur la page Facebook officielle union power musique et sur le site internet unionpower.com.

R.E.E.L. : Est-ce que les artistes en tous genres qui liront cet article peuvent te contacter ? Si oui, comment ?

P. N. : Oui, on peut nous contacter justement par le biais de la page Facebook. On est ouvert à plein de projets, de propositions et on recherche des personnes pour l’exposition Mon Lausanne 2 qui peuvent nous écrire et nous envoyer leurs travaux sur l’adresse e-mail upm.label@g.mail.com.

Linda Boson

Photo:

Alan Hayward
Linda Boson