Aujourd’hui,  je vous présente la deuxième partie d’un petit projet sans autre prétention que de vous faire rire et de vous distraire un court moment en vous narrant mon quotidien somme toute banal, mais non dénué d’humour.

Le nombre de pages salvateur

Je reviens dans la salle et je contemple ma productivité : 147 pages, je suis content ! Pour retrouver ce nombre, alors que je suis chez moi, je viens de… regarder l’historique de la calculette de mon natel, sans succès. Me dire que j’étais arrivé à la page 317, mais ne pas en être sûr alors traverser la maison, monter un étage, chercher mon sac parmi le fouillis de ma chambre, redescendre et trouver mon sac juste à côté de mon pc…bon j’ai fait un peu d’exercice au moins. Je trouve le livre, je l’ouvre et j’en étais bien à la page 317[1]. Je me haime = je me hais et je m’aime parce que je me fais rire tout seul.

J’ai trop de bouquins

Vient l’heure de rentrer à la maison après ma lecture, sauf que mon sac est plein. Dans le doute j’ai pris quatre autres bouquins dont deux gros + mon casque + mon pc + mes chargeurs + etc…donc je gondole mes bouquins à force de forcer pour que tout rentre. Et dire que j’avais pensé à amener 2 bouquins de plus, au cas où j’aurais été hyper productif ou très ennuyé par ce que je lis, je me haime. Je me haime encore plus lorsque je me souviens qu’il me reste 3 boissons énergisantes, aussi volumineuses que susceptibles de s’ouvrir traitreusement dans mon sac. Après quelques minutes d’apitoiement sur mon sort (la vie est dure, ne me jugez pas !), je décide de laisser deux boissons dans le frigo (cette salle est vraiment plus productive que moi, elle les mérite) et de garder la dernière, advienne que pourra.

Coucou j’ai une moto et j’existe

J’arrive à ma moto, j’écrase mon sac dedans et je démarre, ronronnement du moteur, moulinets avec la poignée des gaz. Je fais ça à chaque démarrage. Les faux professionnels et vraies personnes de mauvaise foi vous diront que c’est pour chauffer le moteur. Moi, c’est pour que les 2-3 gus qui me regardent soient impressionnés par le rugissement de ma bête et pour que les automobilistes distraits se rendent compte que le gros point noir illuminé à leur droite bouge et qu’il a la priorité. J’ai déjà perdu deux scooters comme ça, c’est pas que j’aime pas, mais j’ai d’autres choses à foutre (pardon aux âmes sensibles[2])

La pluie qui mouille, tu me casses les…

Tout petit retour en arrière : j’avais emmené avec moi mon pantalon étanche car la gentille dame de la météo avait dit qu’il allait pleuvoir le soir. Dans la salle, j’avais même enlevé mes chaussures en prévision de ce pantalon, sauf que j’ai laissé le pantalon dans ma moto et que ça me saoule de remettre mes chaussures et de faire mes lacets compliqués pour chercher le pantalon, puis revenir dans la salle, etc…d’autant plus que j’aurais dû sortir deux clés différentes et risquer de les faires tomber dans les égouts, et oui c’est vrai que j’avais écrit : etc… plus haut, pardon j’arrête ! Je sors sans mon pantalon, enfin sans mon pantalon étanche, j’en avais un autre sur moi et là miracle, Hallelujah[3] il ne pleut pas ! Revenons au présent : j’arrive à un feu…rouge comme par hasard et je sens quelque chose de mouillé contre mon visage : de l’eau !!! Alors que j’ai mon protège cou mi djihadiste, mi de mauvais goût, en plus de mon casque avec visière fermée. Donc soit mon casque fuit, sois mon protège cou est encore moins productif que moi, soit je me bave[4] dessus. En admettant que lors des deux premières hypothèses, il pleut. Lorsque je m’arrête je vois les gouttes de pluie danser devant le feu de ma moto, elles me narguent, je fais un doigt d’honneur dans le vide, j’ai l’air ridicule, je me haime.

Le Vaudois qui coupe

Je roule, le ciel me pleut dessus et un Vaudois m’emmerde. Enfin plutôt la golf qu’il conduit mal m’emmerde. Il change de voie tous les dix mètres sans jamais l’indiquer et il finit par me couper la route lors d’un virage serré à gauche sur sol trempé. Il y avait deux voies : la sienne et la mienne, pourquoi avait-il besoin de lancer un assaut sur la mienne en plein virage ? C’en est trop, je lui fais signe que je suis en colère. Là il faut préciser que je ne suis pas si petit, tout en noir et que les motards ça fait flipper même les plus malhonnêtes des pères de familles. Le Vaudois met son indicateur pour quitter ma voie, tourne en même temps, faisant une queue de poisson à la personne derrière lui et freinant urgemment deux secondes plus tard pour éviter la voiture qui le précède. Les pneus crissent, il n’y a pas d’accident et ma fierté de mâle alpha me gonfle à bloc. N’empêche que si je ne m’étais pas plains, ça aurait éviter une bonne dose de stress à trois conducteurs…mais il ne faut pas toujours se laisser rouler sur la moto dans la vie.

Les culs de bouteille

J’arrive à un feu rouge (pour changer) précédé d’une golf bleue métallisée, logo de la marque teinté, jantes tunnées, bref de l’argent gaché à tous les niveaux pour gagner un peu en street-crédibilité ou plutôt crédébilité. Je remarque alors les pots d’échappement, au nombre inutile de deux. Ils sont savamment troués pour une meilleure heu…j’en sais rien, mais ils me rappellent vraiment quelque chose : les lunettes dites cul-de-bouteille. Vous savez celle de tous les Agnan du monde qui ne sont pas plus méchants que ça et qu’on embête tout le temps pourtant. Il faudrait que la direction générale des écoles interdise l’utilisation de ce terme pour qualifier de grosses lunettes (je suis un auteur engagé z’avez vu ?), parce qu’après tout c’est utile les lunettes. Alors que ces merdes qui dépassent du bas de caisse moche des voitures de kékés, ça c’est vraiment des culs-de-bouteilles.

La Mercedes coupant se faisan couper à son tour

Je suis toujours à moto, il pleut toujours, les automobilistes sont toujours des cons : je m’engage dans un giratoire et je vois une Mercedes qui arrive à ma droite, je me dis naïvement qu’il va me laisser passer. Elle accélère pour tenter de ne pas me griller la priorité, mon feu éclaire un visage d’homme pressé[5] qui se crispe soudain quand un autre propriétaire de Mercedes (quel hasard) lui grille la priorité à son tour. Il plante les freins, mais tiens bon. Mes freins aussi sont bons, je m’arrête, hésite entre gueuler et rire, mais je suis fatigué, je n’en fais rien et je repars. Si le karma existe, le mien est vraiment merdique ; et pourtant je ne comprends pas pourquoi, à moins que je sois somnambule et que je torture des bébés phoques pendant mon sommeil. Ou alors la balance va se rééquilibrer et il va m’arriver un tas de trucs bien. J’use de mon libre-arbitre (déterminé par je ne sais quoi) et choisis cette hypothèse.

Mon chat, cet ingrat

Je vais vous présenter mon chat : il a quelques années, il est hyper mignon et il aime qu’on lui donne à manger…et surtout il est peureux. Baladez-vous avec un sac à moins de 5 mètres de lui et il détallera. Mettez une veste devant lui, idem, portez quoi que ce soit, itou, bref c’est un trouillard qui aime les croquettes, d’où le nom de Croxi, diminutif de Croquettosaure. Merci ma sœur. Après m’être fait couper la route et mouillé par la pluie, j’arrive à la maison : mon casque et mon sac à la main. Je fais beaucoup de bruit quand j’entre : un vrai cauchemar pour le sac à puce du coin. Ce qui ne l’empêche pas de me sortir ses plus grands yeux, assis (le chat, pas les yeux) sagement sur le meuble de l’entrée. Je sais ce qu’il veut : de la bouffe (ce n’était pas difficile à deviner en même temps). Je fais beaucoup de bruit avec tout mon attirail, mais mon chat ne bouge pas, impassible il me fait toujours les yeux doux. Comble de la bravoure : il se penche en avant et frotte son museau contre mon front en ronronnant telle la gazinière que nous n’avons jamais eue. Je suis impressionné et si fier. Comme si l’idiot du village avait compris que 2 + 2 font 4 et pas « juste plus d’œufs qu’avant ». Je me déleste de ma tenue de motard et je vais au salon. Le chat me suit, puis lorsqu’il me voit m’asseoir sans daigner jeter un regard à sa gamelle, il miaule, dégouté, et sort par la chatière. La prochaine fois qu’il me verra rentrer, on parie qu’il partira en courant ?

Ma sœur se fait entendre, mon chat se ramène

Ce soir ma sœur a prévu de faire dormir quelques amies à la maison. Mes parents ne sont pas au courant, ne le leur répétez pas ! Je suis devant ma table de « travail » quand j’entends des glapissements d’adulescentes riant à au moins 30 ou 40 mètres de la maison. Sachant que portes et fenêtres sont closes et que la maison est plutôt bien isolée. Je suis impressionné par mon ouïe fine quand les dites adulescentes entrent dans la maison une minute après, comme je l’avais prévu. Au même moment, qui voilà ? Croquettosaure en mal de bouffe, qui vient quémander auprès de ma sœur, sans même se retourner vers moi. Moralité : le chat et moi avons les mêmes facultés, mais il a la présence d’esprit de les utiliser pour se nourrir lui plutôt que son égo.

[1] Pour tous les maniaques du calcul : 317 – 147 ça fait 170…croyez-moi ! Si vous êtes comme moi, vous ne savez pas quelles sont les embûches qui vous attendent avant de pouvoir vérifier sur votre calculette !

[2] Nota benêt : prévenir les âmes sensibles avant d’être impoli et pas après…fait chier j’oublie toujours

[3] Leonard Cohen paix à ton âme

[4] Les plus pinailleurs diront que la salive n’est pas de l’eau, mais est-ce que je viens vous faire chier moi ??? (et merde les âmes sensibles)

[5] Oui c’est un hommage