Aujourd’hui (et jeudi) je vous présente un petit projet sans autre prétention que de vous faire rire et de vous distraire un court moment en vous narrant mon quotidien somme toute banal, mais non dénué d’humour.

Aujourd’hui je serai productif

J’ai mis mon réveil à 9 heures 30, soit seulement deux heures et demi après les honnêtes citoyens qui bossent, tout comme je devrais le faire, mais arrêtez vous me stressez à la fin avec ça ! Bref, aujourd’hui je me lève à 9 heures 30, parce que oui nous sommes déjà aujourd’hui, parce que je me couche tard sans avoir bossé comme les honnêtes citoyens (la suite vous la connaissez). Mais il y a un problème : je n’arrive pas à dormir. Est-ce ma trop longue nuit de la veille ? cinq heures de sommeil à tout péter… je pense que non. Puis, avec l’intelligence absente qui me caractérise, je décide de me relever pour user mes yeux devant un jeu vidéo stressant projeté sur un écran extra lumineux et après, miracle ! je me dis que si je n’arrive pas à dormir c’est parce que je passe trop de temps sur mes écrans. N’empêche qu’après cette réflexion, j’éteins mon pc et j’arrive (à peu près) à dormir ! Il est alors 3 heures 30 et des poussières, laissées là par le marchand de sables.

La non productivité personnifiée

Mon réveil sonne à 9 heures 30, puis à 9 heures 35, puis à 9 heures 40. C’est ainsi jusqu’à, roulements de tambour, 12 heures 40 (j’aime les chiffres ronds et oui je suis une feignasse, mais vous qui fixez ce texte avec une mine réprobatrice, dites-vous que c’est loin d’être mon record ! Cette parenthèse n’a que trop duré). Je me lève, fatigué, car je suis un être paradoxal. Puis après plusieurs heures pour me laver et surtout regarder des vidéos sur internet, je me décide à oublier mes médicaments et à m’habiller pour partir à l’uni, car aujourd’hui je serai productif ! Enfin cette après-midi au moins…un peu.

Comment dire bonjour

Je me souviens que quelqu’un avait annoncé sa présence aujourd’hui dans la salle où j’aime dire que je suis productif et que non je n’ai pas raté mes deux années d’uni, toutes deux avortées au terme de deux semestres riches en…contemplations de plafonds. Soixante-quatre trous dans chaque dalle pour ceux qui se demanderaient (ne me remerciez pas). Bref une personne que je trouve fort sympathique devrait être là, mais n’ayant pas eu beaucoup de conversations avec elle, je ne sais pas comment lui dire bonjour. Surtout que depuis la dernière fois Noël est passé et le Nouvel An aussi. Alors pas question de balancer un mince : « Salut » avant de me plonger dans ma quête de productivité hasardeuse. Je finis par choisir un : « Hello, comment vas-tu ? » dont je suis très fier : c’est plus personnel que le : « Hello comment ça va ? » et je fais même l’inversion sujet-verbe parce qu’on est dans le bâtiment des lettres quand même ![1] Ma résolution est prise, tout comme la poignée de la porte de la salle, mais terrible drame : elle est verrouillée. J’ai donc eu vingt minutes de réflexions inutiles : la sympathique personne n’est pas là. Loin de me décourager, je me dis qu’elle viendra plus tard et je me dirige d’un pas décidé (j’aime bien cette expression) vers la loge de l’huissier.

  

Il est gentil l’huissier (phrase improbable)

La loge est ouverte et l’huissier est dedans, mais c’est un petit nouveau ou peut-être simplement un intérimaire, le temps que les autres se dorent la pilule autour d’un verre de vin chaud dans le cadre de leurs vacances bien méritées (j’aime bien cette expression bis). Il comprend ma requête : la clé de la porte verrouillée mentionnée ci-dessus (bah ouai faut suivre), mais il n’est pas habitué aux lieux. Il finit rapidement par satisfaire ma demande : il est serviable et sympathique sans en faire trop. J’adore ces gens-là, ils sont rares ! Sauf qu’en réponse, en voulant bien faire, parfois j’en fais trop, du coup à défaut d’être impoli, je suis malaisant (personne n’est parfait). Mais cette fois tout va bien et je pars, clé en main (j’aime bien cette expre… bref). La salle m’accueille avec des relents de poubelles non sorties et de branches sèches provenant de ce qui nous sert de sapin de noël.

Ai-je un cancer, si oui je vais chez quel coiffeur ?

A peine assis je sens ma douleur à la poitrine me lancer, puis quand je respire un grand coup, c’est un petit poignard qu’on me plante dans le poumon gauche. Je pense immédiatement à la série que je regarde en ce moment : Breaking Bad. Sauf que je ne deal rien du tout et que je mérite mon cancer : je fume un peu, en plus de mon karma de merde. Je me dis que si je perdais mes cheveux, je garderais ma barbichette et ma moustache et mes autres poils ailleurs aussi d’ailleurs. Puis je me demande si je devrais me raser le crâne comme le bon Walter de Breaking Bad, mais étant plus white que White, je me dis que je préférerais éviter les coups de soleil. Je n’aurai donc pas de cancer des poumons : ça coûte trop cher en crème solaire.

Les médocs de la galère

J’ai faim, mais genre très faim et là je me rappelle que j’ai oublié de me rappeler de ne pas oublier mes médocs, alors que c’est le texte choisi pour aller avec la sonnerie désobligeante de mon réveil. Bon il n’a sonné qu’une vingtaine de fois[2] (je suis mauvais en maths), normal que je l’aie oublié. D’ailleurs ça me rappelle que je prends un médoc contre les pertes de mémoires. Mais au moins quand je serai un vieux con j’oublierai que je suis vieux…ou que je suis con, allez savoir.

Manger sain…c’est pour demain

Je sors braver les frimas pour trouver de la nourriture, à peu près saine si possible. Terrible malheur (parce que j’avais déjà écrit : « terrible drame » plus haut) ! Mon resto asiatique est fermé, j’aurais pu m’en souvenir pourtant après 6 mois, mais je suis plein d’espoir. Vous commencez à me connaître : soit j’oublie, soit je suis plein d’espoir, donc concrètement je ne fais jamais ce qu’il faut, mais parfois c’est parce que je crois en la bonté de la vie…comme un con. Après au moins deux minutes de marches, je choisis de me réfugier dans le premier fastfood américain, pour manger du gras. Il n’y a rien d’autre là-bas de toute façon, à part un ou deux fruits minuscules qui valent autant que le camion qui les a transportés à travers le globe en polluant un max.

  

Le gentil Ludo du macdo

J’attends ma commande et là, suspense !!!! Je me fais aborder par un autre attendeur de commande qui me demande si je fais de la moto entre deux macdo. Effectivement j’en fais et je ne mange pas si souvent au macdo je vousferais dire, non mais sans blague ! En fait le type est très sympa, il me parle de sa moto et se renseigne sur la mienne. De bonne humeur je lui réponds et on sympathise assez vite. J’en profite pour l’observer : il a des cheveux gras, de la sueur sur le front, une voix qui confond les syllabes, il est un peu bossu et parle d’une voix aiguë qui semble excéder la caissière. Il a tout de l’idiot du village. Effectivement il n’a pas l’air très fute-fute, mais il est sympathique, charmant même et semble avoir un cœur gros comme ça. J’éloigne sans mal mes aprioris : ce type est génial, je ferai peut-être un tour en moto avec lui d’ici une semaine ou deux. La vie est belle (c’est cliché et alors, je vous emm…. Cordialement, bisous).

Le Red bull sauveur

De retour dans ma salle après un odieux déjeuner, également copieux, je commence à avoir sommeil. Le sommeil de la flemme, pas celui qui vous fait dormir. Je sens que mon attention baisse, je n’arrive plus à lire correctement les anecdotes du Dr Jaddo (elle est passionnante, je vous la conseille[3]). J’essaie, je n’y arrive pas, je pars dans mes pensées et j’en reviens encore plus fatigué alors je décide de m’acheter un café glacé (toutes ces rimes c’est fou ce que je suis pouète). Arrivé dans la grande surface, entre deux petits rayons je trouve mon café. J’en prends deux, puis je change de rayons, je trouve mon rayon et je prends deux grosses cannettes de boissons énergisantes avec juste ce qu’il faut de caféines et juste ce qu’il faut pas d’ingrédients mauvais pour la santé. Je fais 4 achats au lieu du seul prévu initialement et je rentre dans ma salle productive (elle sert de rangement et a le chauffage donc elle est plus productive que moi).

La clope qui me fille la demi-molle

Après plus d’une centaine de pages ponctuées de claquements de talons intempestifs (oui la boisson caféinée m’a fait son petit effet), je n’en peux plus de lire le bon docteur parler de ses clopes. Il m’en faut, même si j’ai juré la veille au soir qu’on ne m’y reprendrait plus. Du coup j’en ai repris un paquet et qu’est-ce qu’elle m’a fait du bien cette cigarette, à tel point que je me promets de la tromper un peu plus tard avec une de ses sœurs.

À Suivre…

[1] Nota benêt : je ne suis plus dans ledit bâtiment lorsque j’écris ce texte

[2] Ou plutôt trente-huit fois, comme me le signale Jimmy qui a corrigé cet article

[3]  Juste après dresseuse d’ours, Jaddo, Pocket, 2013.