Attention, un souffle de contestation s’élève sur New-York pendant ce mois d’octobre 2013. Mais oui, vous en avez entendu parler, Banksy, célèbre artiste anglais de rue, s’empare des avenues de la fameuse mégapole. Chaque jour, pendant un mois, l’artiste présente dans une rue, une oeuvre, essayant d’interpeller les New-Yorkais. Son projet nommé « Better Out Than In » est relayé sur son site internet où la majorité de ses travaux est accompagnée d’un audio les commentant, bien souvent avec une pointe d’humour.

L’une des installations ayant fait couler le plus d’encre ces derniers jours est « Shoe Shine ». L’artiste présente d’imposantes statues de Ronald McDonald se faisant cirer leurs chaussures par un acteur jouant le cireur. Les statues portent un regard dédaigneux au cireur. Comme le passant peut s’en douter, il est expliqué dans l’audio que cette installation souligne  » the heavy labour required to sustain the polished  image of a mega corporation »1. Toujours dans cet audio, il est dit que la figure de McDonald serait la seconde figure la plus représentée dans le monde après celle du Christ. Eh bien, une recherche risque d’être menée tout bientôt… si tel était le cas, ce serait assez inquiétant.

Cette manifestation durant un mois est aussi un bon moyen pour Banksy de légitimer l’art urbain et d’essayer d’instaurer la rue comme « musée vivant ». Le nom de l’exposition lui-même semble suggérer l’importance de ce changement de type d’exposition : mieux dehors que dedans. La rue apporte de nombreux avantages tels que la surprise que suscite la découverte fortuite qui tend à laisser un souvenir plus marqué et un public tout à fait différent qui n’aurait pas forcément cherché le contact avec l’oeuvre de lui-même.

Cependant, avec la rue comme galerie, les oeuvres de Banksy se révèlent assez éphémères. En effet, d’après certains journalistes2, les oeuvres ne dureraient que quelques heures, quelques jours. D’autres graffitis ou tags viennent recouvrir l’oeuvre originale si c’est un pochoir ou alors les installations sont déplacées et il n’est pas forcément aisé pour le spectateur de la trouver. Cette relation entre l’oeuvre exposée et son public n’est pas nouvelle dans l’univers de la rue, mais à travers « Better Out Than In », la médiatisation étant très forte, cet aspect est exacerbé. Les spectateurs ayant fait des kilomètres pour venir voir les oeuvres du célèbre artistes anglais se retrouvent souvent devant l’oeuvre « saccagée ». Ce qui ne se produirait jamais si l’oeuvre de Banksy se trouvait dans un musée classique.

Ce projet de par son originalité et de par le nom de son auteur aura réussi à apporter de nouvelles pistes de réflexion. En effet, au-delà de l’essai de transporter le musée dans la ville et des critiques sociales, ce projet dénonce aussi le marché de l’art. Le propre de la rue étant qu’elle est accessible à tous, les oeuvres qui y sont exposées aussi, les rendant libre d’accès. Son projet du 13 octobre consistant à vendre ses toiles pour 60$, un prix dérisoire, sans dire que ce sont les siennes en est aussi un autre exemple.

Chaque jour amenant son lot de nouveauté, je n’ai plus qu’un conseil à vous donner, suivez Banksy sur son site : banksyby.com

 Naïke Bravo

Photographie: Shop Until You Drop by Banksy

Crédit Photographie: By POOP (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons