« Avant d’être femme, je suis être humain. Avant d’être noire, je suis être humain. »

Le théâtre de la Comédie de Genève présente entre le 31 octobre et le 18 novembre 2017 une série de trois spectacles dans le cadre de son cycle « Soulever la politique ». F(l)ammes est le second de ces trois spectacles.

Il est écrit et mis en scène par Ahmed Madani, après une annonce faite à Paris, recherchant des femmes « entre 18 et 25 ans, nées de parents immigrés et vivant (ou ayant grandi) dans un quartier dit sensible. »

Un écran qui affiche des feuillages, des voix qui parlent de choses qu’on ne saisit pas et des ombres qui viennent placer des chaises en ligne… Le spectateur croit tout d’abord avoir affaire à l’une de ces pièces de théâtre abstraites, qu’il faut décortiquer pour pouvoir l’apprécier. Mais il n’en est rien.

La pièce débute avec le récit de Ludivine, une jeune guinéenne qui nous parle de Claude Lévi-Strauss et de son aisance égale à être dans sa cité que parmi les bourgeois avec lesquels elle a étudié. On commence doucement, histoire de ne pas choquer les intellectuels venus voir la pièce. C’est ensuite au tour d’Anissa, femme voilée qui ne prétend pas représenter qui que ce soit d’autre qu’elle-même. Elle raconte avec humour et modernité le mythe d’Ulysse, parle de ses cinq enfants et raconte sa scolarité dans une « école primaire de riches ». Les témoignages se succèdent, avec chacun sa particularité. C’est au milieu de l’un des témoignages que tout bascule. Mais chut, vous irez voir la pièce pour comprendre.

L’auteur souhaite dépeindre une réalité vécue par ces femmes, dépiction qui se veut plus riche, créative et nuancée que les discours présentés par les médias et les politiciens. C’est un pari réussi. Sur la scène, pas de comédiennes professionnelles, mais des expertes de leur histoire et de leur vie quotidienne. F(l)ammes donne la parole à un groupe social duquel on parle, mais dont on entend rarement la voix.

Entre narrations, débats, cours de karaté ou danse, F(l)ammes est un vent de fraicheur, une porte grande ouverte, un appel à l’égalité.

« Aussi je voudrais clairement dire, que je n’ai pas besoin de liberté, car je suis libre. Que je n’ai pas besoin de fraternité, car j’ai des frères et des sœurs. Et qu’en vérité, j’ai seulement besoin d’égalité. »

Infos pratiques : F(l)ammes, d’Ahmed Madani, du 7 au 11 novembre, à la Comédie de Genève

Mise en scène : Ahmed Madani

Avec Anissa Aou, Ludivine Bah, Chirine Boussaha, Laurène Dulymbois, Dana Fiaque, Yasmina Ghemzi, Maurine Ilahiri, Anissa Kaki, Haby N’Diaye, Inès Zahoré

http://www.comedie.ch/flammes

Crédit Photo: © François-Louis Athénas