Comme tout le monde j’imagine, j’ai visité de nombreuses villes. Chacune ayant ses spécificités propres, l’objectif est de trouver la caractéristique principale de celles ayant particulièrement retenu mon attention.

La plus populaire : Lyon

Commençons par la plus proche, mais aussi celle où je fus le plus récemment : Lyon. Malgré son prestige, le constat est décevant : une semaine avant le début du match décisif contre l’Ajax d’Amsterdam en Ligue des Champions, il était encore possible de trouver, légalement bien entendu, des billets, à un prix dérisoire malgré l’enjeu (comptez de 20 à 80 euros par place selon le secteur choisi). Cependant, ce qui a surtout retenu mon attention ce furent les prétendus chants des supporters : loin d’être particulièrement fins ou étudiés, ils étaient au contraire fort insultants, incitant, en des termes bien moins galants évidemment, les supporters néerlandais à avoir des relations incestueuses avec leurs génitrices. Si les stades de foot n’ont pas la réputation d’être des salons littéraires, je dois avouer que je n’avais jamais entendu de tels termes avec une telle insistance en tribune latérale (donc en théorie loin des ultras lyonnais).

La plus chère : Séville

À l’inverse, la ville la plus chère où j’aie jamais été demeure Séville. Plus de 200 euros par place pour un match de championnat (certes, pour d’excellentes places et lors d’un match contre Barcelone), il s’agit là de prix à faire pâlir n’importe quel autre club européen, à part un Anglais, peut-être, car il est vrai que les billets ont la réputation d’être encore plus chers en Angleterre. À ce prix, on serait en droit d’attendre un grand spectacle, pourtant le match s’était terminé sur un 1-1 peu spectaculaire. Il ne s’agissait donc pas du meilleur investissement possible, sans l’ombre d’un doute…

La plus ancienne : Saint-Pétersbourg

Si l’argent offert par les clubs russes séduit de plus en plus de joueurs (le dernier exemple en date étant le dispendieux recrutement d’Anji Makhatchkala), force est de constater que leurs stades ne sont pas leur plus grand atout, tout du moins pour celui du Zénith. Inauguré dans les années 20, le côté rustique du stade du Zénith, le stade Petrovski, est manifeste, et sa taille dérisoire (il ne peut dépasser 22 000 spectateurs). Un nouveau stade, de près de 70 000 places, est prévu pour 2012, ce qui devrait enfin permettre aux joueurs du vainqueur de la Coupe UEFA 2008 de quitter ce stade d’un autre âge, dépassé sur tous les plans, à commencer par celui du design.

La mieux organisée : Eindhoven

Les Néerlandais sont réputés pour être de grands hooligans, pourtant les autorités ont trouvé de bonnes solutions. Si vous désirez aller voir le PSV, vous n’avez que deux possibilités : acquérir une carte de fan nominative, qui permet du coup d’identifier au plus vite les fauteurs de trouble puis de les bannir du stade, ou payer vos places deux fois plus chères, car elles intégreront alors des bons d’achat à utiliser dans la boutique du club. Ce système ne pose problème ni aux véritables supporters, qui acquièrent une carte nominative puis se tiennent tranquilles, ni aux spectateurs occasionnels, qui en profitent pour s’arrêter dans les magasins se trouvant à proximité du stade. À noter également que le nombre maximum de consommations dans l’enceinte du stade est limité, celles-ci nécessitant de payer avec des jetons, qui sont remis en un nombre restreint à l’achat des billets. Cela limite donc les risques de vols (seuls ces jetons pouvant être utilisés pour payer à l’intérieur du stade) mais surtout il n’est plus possible pour les pseudos-supporters de s’alcooliser excessivement à l’intérieur du stade, bien qu’il y ait quand même des boissons alcoolisées, ce qui n’est pas le cas en Suisse par exemple. Alors, pourquoi un tel système sans grand défaut n’est-il pas généralisé ?

La plus fervente : Porto

Il est un signe qui ne trompe pas concernant l’attachement de la population d’une ville à son club local : le nombre de femmes présentes au stade. Dans ce domaine, je n’ai jamais vu de club comparable à Porto, où les femmes sont très nombreuses au stade, bien plus qu’ailleurs, ce même pour des matchs de moindre importance (la rencontre à laquelle j’ai assisté opposait Porto à Leixoes, club venant d’être relégué en deuxième division). Il faut en outre signaler que celles qui assistent aux rencontres sont des supportrices à part entière, vêtues aux couleurs du club et souvent maquillées de même, pas juste de simples accompagnatrices. À Porto, tout le monde, sans exception, supporte le club local, voici quelque chose qui semblerait très étrange ici !

La plus contrastée : Genève

Enfin, il faut pour conclure évaluer ce que propose notre chère Genève, ville dont je visite le stade plusieurs fois par année. Le bilan est très mitigé : si la sécurité est absolument parfaite pour les matchs de l’équipe nationale ou lors des grandes compétitions, comme l’Euro 2008, c’est tout l’inverse pour les matchs du Servette FC. En effet, avant les matchs du club grenat il n’y a pratiquement aucune fouille réalisée, ce qui explique les débordements réguliers. Il serait possible d’introduire n’importe quoi dans le stade pour ces matchs (mais vraiment n’importe quoi, étant donné que nul ne vérifie) ! Je dois avouer ne jamais avoir vu un tel laxisme ailleurs, seule la relative tranquillité de la Suisse expliquant qu’il n’y ait pas encore eu d’incident grave en de telles circonstances. À l’inverse, tenter d’introduire un simple journal pour un match amical de l’équipe de Suisse revient à se prendre pour Tom Cruise dans Mission Impossible… Assurément, il s’agit donc d’une ville qui ne connaît que les extrêmes, dans un sens ou un autre !

Pierre-Hugues Meyer

Sources

Stades du Zénith :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Stade_Petrovski

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gazprom_Arena