Aujourd’hui, nous allons parler de Sucker Punch. Pourquoi ce choix ? Parce que le studio américain sort bientôt son prochain jeu, InFamous : Second Son ? Non, puisque nous n’allons pas parler ici du studio de jeu vidéo, mais du film réalisé par Zack Snyder et sorti en 2011. En disant cela, je livre déjà une information : il s’agit d’un autre film de Snyder, mais cette fois il est l’un des deux scénaristes de ce film. Or, il est extrêmement rare de le retrouver à ce poste (le seul autre film pour lequel il est scénariste est 300). De plus, il s’agit du seul film de Zack Snyder n’étant pas une adaptation d’un comics ou d’un livre, ce qui rend son scénario d’autant plus important. En somme, après avoir été si critique envers Christopher Nolan et David Goyer, jugés coupables d’avoir gâché Man of Steel[1], il était important d’étudier le film où Snyder est le plus libre afin de montrer ce qu’aurait pu donner Man of Steel sans les deux incompétents précités. De plus, Sucker Punch est assez peu connu, mais il s’agit à mon sens d’un excellent film ; je profite donc de la nouvelle année pour exceptionnellement vous présenter un film que je vous recommande chaudement.

Sucker Punch raconte l’histoire d’une jeune fille mise dans un orphelinat particulièrement malsain. En effet, celui-ci n’hésite pas à lobotomiser les filles les plus récalcitrantes et leur apprend à danser dans le but de proposer un cabaret pour des hommes riches en manque de jeunes filles. En soi, ce n’est pas si original. Ce qui l’est davantage, c’est que lorsqu’elle se met à danser, « Baby Doll », l’héroïne du film, imagine des univers fantaisistes dans lesquels sont transposés les évènements du monde réel. Ainsi, chaque étape de son plan d’évasion se déroulera dans l’un de ces univers. Si cela déroute au début, on accroche rapidement et on se passionne pour ces mondes imaginaires très bien pensés. Ils sont bourrés de références (il y en a quatre : un lié aux samurais japonais, un autre qui se rapproche des films de guerre, un troisième qui reprend les codes de l’Heroic Fantasy et un dernier plus proche de la Science-Fiction), mais ont surtout une construction et une originalité prodigieuse, ce dont on s’aperçoit mieux encore en visionnant les bonus du Blu-ray (parce que oui, il s’agit d’un des rares films dont les bonus méritent vraiment d’être regardés !).

Le but initial de cette chronique était de se concentrer sur le scénario des films. Assurément, Sucker Punch mérite d’être regardé juste pour cet aspect. Si le cadre n’est pas d’une complexité sans bornes, il est parfaitement choisi pour mettre en valeur les univers qui eux sont cohérents, construits et surtout très originaux, le tout filmé par Zack Snyder, dont j’ai déjà vanté les talents de réalisateur. Une précision s’impose malgré tout : il faut être prêt à accepter cette originalité, sans faire de rejet en la taxant de bizarrerie. Si elle fait toute la force du film, elle peut aussi perdre quelques spectateurs peu ouverts à ce type d’expérience. Néanmoins, si ce n’est pas votre cas, je ne peux que vous conseiller de foncer vers cet excellent film.

Référence : Sucker Punch, scénario de Zack Snyder et de Steve Shibuya, 2011.

Pierre-Hugues Meyer

 


[1]http://www.reelgeneve.ch/?p=2385