Une fois n’est pas coutume, c’est un Changement de bobine un peu particulier qui vous est proposé cette semaine. D’abord, parce que ce n’est pas Lea Mahassen qui écrit, ensuite parce qu’il y sera question d’un court-métrage d’animation.

Si je prends la plume aujourd’hui, c’est pour vous parler d’un petit film qui m’a énormément ému quand je l’ai vu. Intitulé The piano, il raconte l’histoire d’un vieil homme qui, jouant au piano, se remémore certains souvenirs : de la perte d’un ami durant la guerre à l’amour de sa vie, en passant par ses jeux d’enfants, les moments marquants de sa vie sont racontés en images et en musique.

Deux versions de cette vidéo signée Aidan Gibbons existent. Les images sont toujours les mêmes, mais l’air de piano change, toujours sans paroles. Dans la première version, c’est une musique de Stephen Jones qui est utilisée. Dans la seconde, on retrouve un air bien connu (Comptine d’un autre été : l’après-midi) composé par Yann Tiersen pour le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. C’est de cette seconde version dont j’aimerais vous parler aujourd’hui. Bien que les images soient les mêmes, je trouve, à titre personnel, que la musique de Yann Tiersen transmet une émotion plus forte. Mais ce n’est bien sûr que mon avis…

Dans ce court-métrage, Aidan Gibbons place un vieil homme derrière son piano. Après un plan large où l’on voit le piano et le titre de la vidéo, on aperçoit son visage alors qu’il commence à jouer, puis la focalisation se fait sur ses mains. Deux autres mains, plus petites, des mains de femme, apparaissent alors en transparence. L’homme se saisit de la main gauche de la femme, tout en continuant à jouer avec la droite, accompagné par la seconde main de la femme. Bien vite, alors que la caméra retourne sur leurs visages, on comprend que c’est sa femme, qu’il a perdue. La tendresse est apparente et, alors qu’elle dépose un baiser sur sa joue, les yeux de l’homme se ferment et un sourire se dessine sur son visage.

Puis la musique s’emballe. L’homme est reparti dans ses souvenirs. Un casque muni d’une croix rouge apparaît sur son crâne. Un autre soldat, touché en plein cœur, meurt dans ses bras. L’émotion est là. Le rythme de la musique baisse à nouveau et l’on retrouve notre vieil ami derrière son piano, le regard absent, perdu qu’il est dans ses pensées. Une lumière semble passer et l’on retrouve un autre de ses souvenirs : l’enfance. Par le même procédé que précédemment – l’apparition en transparence, entouré d’une brillante aura – on le voit recevant, sûrement de sa mère, un cheval en bois. La musique s’emballe à nouveau et le voici qui fait le tour du piano, chevauchant son nouveau jouet.

Dans une transition d’une extrême rapidité, un autre enfant prend sa place, sans transparence. Il est bien réel, bien présent : c’est son petit-fils. Il pose alors son jouet, rejoint son grand-père et pose la dernière note sur l’instrument.

Sous-titré Life is a song, ce court-métrage nous rappelle à tous qu’il faut profiter des plus beaux moments de la vie, des personnes qu’on aime, avant qu’elles ne disparaissent, ne nous laissant que des souvenirs. Cette conclusion peut sembler pleine d’angélisme, mais c’est bien le message qu’Aida Gibbons transmet en à peine 2 minutes 30. Les trois éléments les plus importants de la vie y sont condensés : l’amour, l’amitié et la famille. Sans parole, avec des images de synthèse et un morceau de piano magnifique, il nous rappelle ce qui fait l’essence de la vie : les relations humaines. Cet article n’avait pas pour but de s’étendre sur une longue analyse, simplement de transmettre cette vidéo hors du temps, à travers les émotions qu’elle procure et ce qu’elle doit rappeler en des temps où l’on a tendance à oublier que seul, on n’est rien.

Life is a song, la vie est une chanson.

Fabien Imhof

Photo : capture d’écran issue du court-métrage d’Aidan Gibbons

Références :

La vidéo avec la musique de Stephen Jones :

La vidéo avec la musique de Yann Tiersen :

Pour en savoir plus sur Stephen Jones