L’Université n’est pas composée que d’étudiants et de professeurs. Entre eux existe une espèce bien particulière : les doctorants. Thèsez-vous leur donne la parole, au travers de cinq questions, pour en apprendre un peu plus sur eux. Aujourd’hui, rencontrez Dorine Rouiller, assistante au département de français moderne.

R.E.E.L. : Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Dorine Rouiller : Je suis assistante au Département de langue et de littérature françaises modernes, où j’enseigne un séminaire d’introduction à la littérature française des 16ème et 17ème siècles (en ce moment, sur Montaigne et Corneille). Après un Master en Français et Allemand, je me suis lancée dans une thèse de Doctorat en Français.

R.E.E.L. : Quel est le sujet de votre thèse ?

D. R. : Ma thèse porte sur les diverses formes prises par les théories antiques de l’influence du climat sur l’homme dans les textes de la Renaissance. Quand on entend parler de théories du déterminisme climatique, on pense souvent à Montesquieu (Esprit des lois). Or elles sont beaucoup plus anciennes : elles remontent à Hippocrate (Airs, eaux, lieux) et sont véhiculées par les textes à travers les âges, adaptées notamment, dès la fin du 15ème siècle, au nouveau contexte géographique issu des Grandes découvertes. Ce sont ces adaptations que j’essaie de saisir et de commenter.

R.E.E.L. : Quel en est l’avancement ? Quelles ont été les difficultés ?

D. R. : J’arrive à la phase finale… Je suis en pleine rédaction, ça avance, certains jours plus que d’autres. Le plus dur a été de se repérer dans ce labyrinthe de textes de genres très divers (récits de voyages, textes médicaux, philosophiques, cosmographiques, etc.) et de faire des choix (de corpus, d’organisation de l’ensemble, etc.).

R.E.E.L. : Un bon ou un mauvais souvenir à raconter ?

D. R. : Je n’ai pas de souvenir ponctuel précis qui me vienne à l’esprit immédiatement, mais je dirais qu’à-côté de nombreux bons souvenirs (de grands plaisirs de lecture et d’écriture, de belles trouvailles en bibliothèque, …), j’ai aussi des souvenirs plus négatifs : des situations d’impasse, des moments de panique ou de découragement. Mais j’arrive, rétrospectivement, à les voir aussi comme des moments positifs parce qu’ils faisaient partie du processus et qu’ils m’ont fait rebondir et avancer. En tout cas ça aide un peu de se dire qu’ils étaient nécessaires (rires)!

R.E.E.L. : Où vous voyez-vous l’an prochain ?

D. R. : Je m’imagine lancée dans un nouveau projet, qui porterait sur l’écriture du cosmopolitisme à la Renaissance, une posture adoptée par de nombreux auteurs de l’époque et que je trouve fascinante. Empruntée elle aussi à l’Antiquité, elle consiste à se dire « citoyen du monde », d’un monde qu’on considère comme une grande cité, soit homogène et que le cosmopolite prétend pouvoir surplomber et embrasser comme un tout, soit constituée de différences auxquelles il se dit capable de s’accommoder. Mais j’aime aussi beaucoup enseigner. L’idéal pour moi serait d’être là où je pourrais allier recherche et enseignement, sous les meilleurs climats possibles…

Propos recueillis par Magali Bossi

Photo : © Dorine Rouiller