L’Université n’est pas composée que d’étudiants et de professeurs. Entre eux existe une espèce bien particulière : les doctorants. Thèsez-vous leur donne la parole, au travers de cinq questions, pour en apprendre un peu plus sur eux. Aujourd’hui, rencontrez Fabien Pillet, suppléant post-doc au sein du programme de littérature comparée.

R.E.E.L. : Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Fabien Pillet : Je m’appelle Fabien Pillet. Je viens de Martigny. Je suis arrivé à Genève au siècle passé pour commencer mes études universitaires. J’ai étudié la philosophie, la linguistique et la littérature comparée. Après le Master, j’ai obtenu un diplôme pédagogique. En 2009, je suis devenu assistant en littérature comparée auprès du Prof. Markus Winkler, poste que j’ai occupé jusqu’en juin 2015.

R.E.E.L. : Quel est le sujet de votre thèse ?

F. P. : Intitulée « Vers une esthétique interculturelle de la réception », la thèse vise à montrer l’intérêt existant à spatialiser les outils théoriques développés par le critique allemand Hans Robert Jauß, c’est-à-dire comment les utiliser de manière interculturelle. J’ai cherché dans un premier temps à le montrer théoriquement, puis en « pratique » à travers des études de cas.

R.E.E.L. : Quel en est l’avancement ? Quelles ont été les difficultés ?

F. P. : J’ai soutenu ma thèse en juin 2015, après cinq ans d’assistanat et une année de recherche à l’Université de Göttingen. Elle a été publiée l’année suivante chez Winter Verlag. Les difficultés ont été d’ordre « intellectuel » : tu penses parfois avoir une idée géniale, et tu te rends compte que non, on s’en était déjà aperçu. C’est terrible, mais ça te pousse aussi à te dépasser et c’est très gratifiant. Les difficultés ont aussi été « psychologiques », car il y a inévitablement des moments d’euphorie et des moments de grande lassitude au cours de ton travail.

R.E.E.L. : Un bon ou un mauvais souvenir à raconter ?

F. P. : Un bon évidemment. Je dirai la soutenance. Elle a été longue, il faisait chaud, mais au final ça a été un plaisir et une forme de récompense. Il y eut aussi l’enseignement. J’ai adoré donner des séminaires et le contact avec des gens qui ont les mêmes intérêts que moi.

R.E.E.L. : Où vous voyez-vous l’an prochain ?

F. P. : « Somewhere on earth » comme chantait Prince. Sincèrement, je ne sais pas pour le moment. J’ai le projet d’une seconde monographie. C’est beaucoup de travail, mais c’est aussi passionnant et exhaltant.

Propos recueillis par Fabien Imhof