L’Université n’est pas composée que d’étudiants et de professeurs. Entre eux existe une espèce bien particulière : les doctorants. Thèsez-vous leur donne la parole, au travers de cinq questions, pour en apprendre un peu plus sur eux. Aujourd’hui, rencontrez Jean-Baptiste Bing, doctorant en géographie au sein de la faculté des sciences de la société[1].

R.E.E.L. : Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Jean-Baptiste Bing : Jean-Baptiste Bing, 35 ans, doctorant en géographie depuis 2011 (assistant-doctorant de 2011 à 2016, chômeur-doctorant depuis la fin de mon contrat). Après mes études, j’ai passé deux ans en Indonésie et deux ans à Madagascar comme volontaire de solidarité internationale. C’est au cours de ces séjours, très riches sur le plan humain, qu’a germé l’idée d’y revenir en tant que chercheur – chose faite notamment grâce à Jean-François Staszak, mon ex-directeur de maîtrise à Paris 1, passé à l’UNIGE depuis, qui m’a signalé l’ouverture d’un poste au Département de géographie.

R.E.E.L. : Quel est le sujet de votre thèse ?

J.-B. B : Elle porte sur les savoirs agroforestiers (ce que les agroforêts représentent, au sein d’une culture donnée, en termes d’imaginaire ou de potentiel économique, par exemple) en Indonésie et à Madagascar – plus précisément dans le centre de Java, au Sud de Sumatra et dans l’Est malgache. Je ne procède pas vraiment à une comparaison entre les trois terrains eux-mêmes, mais plutôt entre les processus qui mettent aux prises les détenteurs de savoir-faire ancrés localement et les différents agents de modernisation venus de l’extérieur (scientifiques, agronomes, agents de l’État…). De ces confrontations, tantôt coopératives et tantôt conflictuelles, émergent des modes différenciés de valorisation des territoires – que je cherche à appréhender.

R.E.E.L. : Quel en est l’avancement ? Quelles ont été les difficultés ?

J.-B. B : Censé finir il y a déjà un an, je traîne en longueur. Ayant eu la chance de faire trois séjours de terrain (Java début 2013, Madagascar début 2014, Sumatra début 2015), je dispose de toutes les données nécessaires. Mais, ayant une tendance à me disperser (malheureuse du point de vue de l’efficacité et de la rigueur, mais fort agréable quant à la joie de l’écriture et de la découverte), j’ai rédigé des articles et des notes sur un peu trop de sujets différents, pour parvenir à me concentrer sur « mon » sujet et à finir dans les temps.

R.E.E.L. : Un bon ou un mauvais souvenir à raconter ?

J.-B. B : La joie de la géographie, c’est de pouvoir prendre le temps de découvrir les richesses d’un lieu, et d’en découvrir toujours de nouvelles à chaque retour sur place. Pour le travail à Genève, j’ai surtout apprécié de pouvoir à la fois enseigner et faire de la recherche ; je m’en étais rendu compte en volontariat, mais cela a été confirmé à l’UNIGE : on apprend énormément en enseignant ! Les mauvais souvenirs concernent essentiellement la réunionite aiguë qui frappe les institutions académiques…

R.E.E.L. : Où vous voyez-vous l’an prochain ?

J.-B. B : Voilà une question qu’elle est bonne ! J’espère bien que j’en aurai fini avec la thèse – pour moi qui commence à trouver le temps long et pour ma directrice de thèse, Anne Sgard, qui a toujours été de bon conseil et dont la patience est d’autant plus admirable que j’en ai un peu trop fait qu’à ma tête. J’aimerais garder un pied dans la recherche, juste pour le plaisir de réfléchir et d’écrire sur des sujets qui m’intéressent, mais avec un ancrage professionnel hors du monde universitaire.

Photo : ©Jean-Baptiste Bing

[1] Nous vous en parlions dans notre chronique Les Livrophages de la semaine dernière