Le 21 novembre débutera le Masters de Londres, traditionnelle compétition clôturant la saison. Pourtant, cette année, le vainqueur semble plus incertain que jamais. Roger Federer remportera-t-il un sixième titre ? Novak Djokovic un second ? Rafael Nadal ou Andy Murray un premier ? Rapide revue d’effectif.

 Djokovic : une fin d’année difficile

Le Serbe est très loin de son niveau de début d’année. Obligé d’abandonner lors de son match contre Juan Martin Del Potro en demi-finale de Coupe Davis puis de renoncer aux tournois de Pékin et Shangaï, il n’a pas été exceptionnel pour son retour à la compétition, lors de l’ATP de Bâle. Arrivé en demi-finale avec difficulté, il a cédé face au modeste japonais Kei Nishikori, 32ème mondial seulement au début du tournoi. Il a renoué avec l’abandon à Bercy, juste avant son quart de finale contre Jo-Wilfried Tsonga. Plus que tout, ses problèmes physiques interpellent, beaucoup se demandant s’il sera au sommet de sa forme pour le Masters, après une très longue (car souvent victorieuse) saison 2011.

 Un Nadal peu rassurant

Pour son dauphin au classement ATP, la situation n’est pas plus heureuse. Battu par Andy Murray en finale à Tokyo, puis par Florian Mayer en huitièmes de finale à Shangaï et enfin forfait pour le tournoi de Paris-Bercy, il faut chercher loin pour trouver un signe positif. Ajouté à ses difficultés lors de cette compétition qui expliquent son palmarès vierge lors des Masters de fin d’année, peu miseront sur « Rafa », quel que soit son talent.

 L’épouvantail Murray

Lauréat à Bangkok, Tokyo et Shangaï, l’Ecossais restait sur trois titres consécutifs, et avait tout du favori pour le Masters, où il a la certitude d’être grandement soutenu. Puis, il y a eu les deux derniers tournois de la saison : forfait de dernière minute à Bâle, il a ensuite été éliminé du tournoi parisien par Tomas Berdych en quart de finale.

 Federer, retour en grâce ?

Enfin, concernant Roger Federer, l’année se termine bien mieux qu’elle n’a commencé, faisant de lui le favori pour le tournoi londonien. À Bâle puis à Paris, il a remporté ses deuxième et troisième titres de la saison, et il connaît très bien le Masters. Son expérience est donc sans égale et sa force en cette fin de saison semble en nette amélioration, même si ses adversaires (Roddick, Wawrinka et Nishikori à Bâle, Gasquet, Berdych et Tsonga à Paris, pour citer ses trois principaux adversaires lors de chaque tournoi uniquement) ne sont pas les meilleurs qu’il devra affronter dès lundi prochain (seuls Tsonga et Berdych y seront, mais ceux-ci sont respectivement sixième et septième du classement ATP).

 Des outsiders peu inquiétants

Oui, les quatre premiers mondiaux actuels suscitent tous des interrogations, que ce soit sur leur niveau de forme (Djokovic, Nadal) ou leurs capacités réelles (Murray et Federer). On serait alors tenté d’envisager la victoire d’un outsider. Pourtant, eux ne sont guères plus rassurants : David Ferrer et Mardy Fish n’ont pas remporté de titre depuis février (à Acapulco, pour Ferrer) ou juillet (Atlanta, pour l’Américain), et ce sur des tournois mineurs. Tomas Berdych a certes battu Andy Murray à Bercy, mais il s’est ensuite écroulé lors de sa demi-finale contre Roger Federer. Quant à Jo-Wilfried Tsonga, sa finale est un trompe-l’œil, car l’adversaire le mieux classé qu’il ait battu du tournoi, John Isner, est… vingt-troisième au classement ATP. Tous les participants du Masters de Londres provoquent donc plus de questions que de certitudes. Dans ce contexte, bien malin celui qui pourra prédire le vainqueur…

Pierre-Hugues Meyer