Le film The Party est un joli petit huis-clos qui rappelle un peu Festen : des personnages qui sont amis ou parents se retrouvent lors d’une réception, et c’est l’occasion d’un grand déballage explosif. 

Avec une histoire rudement bien ficelée – ponctuée de touches comiques impeccables – ce film de la réalisatrice britannique Sally Potter tient aisément en haleine le spectateur, malgré quelques imperfections, notamment un jeu parfois un peu trop appuyé. Les rebondissements ne manquent pas, le rythme est agréable et les acteurs jouent dans l’ensemble plus que correctement. Le pitch en bref : en à peine plus d’une heure de film, les relations liant les personnages les uns aux autres sont complètement remises en cause après le dévoilement de secrets concernant entre autres mais tout particulièrement des infidélités : tout le monde a trompé tout le monde (quasiment). La politicienne Janet, interprétée par Kristin Scott Thomas, est enfin arrivée à l’aboutissement de sa carrière avec sa nomination comme ministre de la santé. Elle organise avec son mari Bill (Timothy Spall) une réception à cette occasion. Après qu’une amie de Janet a annoncé qu’elle est enceinte, Bill plombe l’ambiance en avisant les convives qu’il va mourir très bientôt d’une maladie incurable, ce qui bouleverse Janet qui n’en savait rien et apprend ensuite que son mari a pour maîtresse la femme d’un des invités…

La révélation de tout un tas de faits qui restaient jusque-là cachés au sein du petit cercle d’amis de Janet provoque plusieurs réactions en chaîne et des retournements de situation savoureux. Le choix du noir et blanc donne de l’originalité et est assez plaisant. Il semble faire écho à une série d’oppositions et de contrastes nets entre lumière et noirceur dans la narration : la grossesse et la naissance d’un côté et la maladie et la mort de l’autre, la fidélité et la trahison, le lien amoureux et la rupture, la réussite professionnelle et l’échec dans la vie privée, etc.

Bien qu’on ne sorte pas transporté de la salle de cinéma, la tragédie miniature qu’est The Party est très soignée et vaut le détour, particulièrement pour la qualité du scénario et des répliques, pour le personnage de Gottfried (Bruno Ganz), excentrique aromathérapeute adepte de la méditation, ainsi que pour les confrontations d’idées et de caractères autour de diverses thématiques, dont principalement celle du hiatus entre idéal et réalité – un problème dont Gottfried avec son approche à la fois placide et optimiste semble détenir une partie de la solution.

Raphaël Delbée

Références : The Party, réalisé par Sally Potter, Grande-Bretagne, 2017, avec Kristin Scott Thomas, Timothy Spall, Patricia Clarkson et Bruno Ganz.