De jeudi à samedi dernier ont eu lieu les trois représentations de Carré Rond, projet pluridisciplinaire, dans lequel 6 comédiens, accompagnés de deux musiciens, tentent d’illustrer la thématique « Trouver sa place ». Et c’est réussi avec brio !

En entrant dans la salle du Terreau, on est accueilli par un chant presque murmuré. Sans trop savoir d’où il vient, on s’assoit, en attendant que les gradins se remplissent. Et puis, on entend des voix, comme celle de spectateurs qui trouvent qu’il y a trop de monde, ou ne trouvent pas leur place… dans la salle. Un joli clin d’œil à la thématique du spectacle auquel on va assister. Et là, tout commence, les tableaux s’enchaînent.

On passe tour à tour – et dans le désordre – du récit des rêves d’enfants, à un entretien d’embauche, en passant par une émission de télé crochet, l’hilarante chanson de Léon, ou encore des situations de crise, des récits d’expériences personnelles, des petits rituels qu’on fait quand ça ne va pas… À travers toutes ces situations, c’est un panorama assez exhaustif du questionnement de départ qui est proposé au spectateur. On se reconnaît dans certaines situations, on y voit des connaissances. Et puis, alors que le thème peut paraître sérieux, on rit beaucoup. C’est ce qui frappe particulièrement : sans trop savoir à quoi s’attendre avant d’entrer dans la salle, on est surpris par le nombre de scènes et de personnages drôles et hauts en couleur – malgré les costumes noirs de mise.

Des situations qui nous sont présentées, on retient beaucoup de choses. D’abord, Carré Rond nous rappelle que nous sommes tous différents, que nous ne réagissons pas de la même manière face aux situations de la vie, et ce pour tout un tas de raisons. De l’humour, de la colère, du dépit, de l’incompréhension, de la tristesse, toutes les émotions peuvent s’exprimer. Ce spectacle nous rappelle aussi qu’on n’est pas seul. Nos proches sont là, pour nous soutenir quand ça ne va pas. Ils ne comprennent pas toujours tout, mais leur regard reste bienveillant. Notre comportement induit certaines réactions des autres, et Carré Rond est là pour l’illustrer. Et tout cela n’est pas exprimé uniquement par le jeu. Il y a aussi la musique et la danse qui accompagnent le texte, autant de moyens d’exprimer ce que dit le texte, ou qu’il ne peut, justement, pas dire. Par la gestuelle, par le son, par l’intimité que ces arts peuvent créer, chacun peut ressentir quelque chose, se laisser pénétrer par ce sujet, et s’émouvoir. En montrant qu’il n’y a pas de frontières entre les arts, c’est peut-être celles qui existent entre les êtres humains que Carré Rond cherche à abolir.

Carré Rond, c’est un sacré vent de fraîcheur. Laia Gonzalez Ribalda, l’une des comédiennes, nous disait en interview « On est jeunes, on est frais, on est glam, on est rock, on est indisciplinés, on est beaux sous toutes nos coutures. »[1] Voilà qui exprime parfaitement l’impression laissée par cette belle troupe. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé, avec une véritable standing ovation offerte à toute l’équipe, qu’il faut féliciter pour cette belle performance.

Infos pratiques :

Carré Rond, du 22 au 24 mars 2018 à la salle du Terreau.

Création originale

Ecriture collective : Compagnie 404

Mise en scène : Lou Ciszewski

Assistanat à la mise en scène : Thibaut Besse

Jeu : Léon Boesch, Kenza Dahlab, Victor Delétraz, Françoise Gautier, Laia Gonzalez Ribalda, Eliot Sidler

Musique : Prune et PYLONE

Chorégraphie : Eliot Sidler

Costumes : Charlotte Bauman

Scénographie : Gaëlle Cherix

Lumières : Loïc Waridel

Son : Youssry Martin Taha

Photos : ©Amadeus Kapp

Graphisme : Julien Hornì

Participation : Virginie Mérier et Lionel Brady

Soutien : SOM SQUAD / Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée / Département de l’instruction publique, de la culture et du sport / Conservatoire de Genève

Accueil studio : studios de l’ADC – Genève

[1] http://www.reelgeneve.ch/trouver-sa-place-un-paradoxe/