La Faculté des lettres a connu deux grands évènements architecturaux durant le mois de septembre : la réorganisation des bibliothèques et la réouverture officieuse du bâtiment des Philosophes. Deux évènements qui vont, à leur manière, apporter plusieurs capacités supplémentaires dans le C.V. déjà bien surchargé des étudiants en lettres : l’aptitude à se repérer et des mollets d’acier. Bienvenue dans Indiana Jones, version lettreux.

Le 28 septembre dernier, les étudiants ont pu découvrir les nouveaux aménagements des bibliothèques après une fermeture d’un mois. Désormais, ce sont trois salles de lecture (Aile Jura, bâtiment des Philosophes et bâtiment central) qui seront à la disposition des usagers. Un regroupement qui permet, entre autres, l’élargissement des horaires d’ouverture de ces bibliothèques – on passe maintenant à une ouverture en semaine dès 8h, à une fermeture à 22h et à une tranche horaire 9h-18h pour les week-ends et les vacances. Ce qui ne manque pas, bien entendu, de réjouir les étudiants. Seul bémol dans le cas de la salle de lecture de l’Aile Jura : si en cas d’urgence vous devez sortir rapidement (mettons, pour répondre au téléphone), il faudra vous munir de bonnes baskets et vous métamorphoser en Usain Bolt. En effet, vous devrez partir de la mezzanine, descendre rapidement les marches, filer dans le fond de la bibliothèque, chercher la sortie, trouver la bonne sortie (ai-je mentionné qu’il vous fallait également une carte ?), descendre un escalier en bois dont les marches craquent horriblement, retraverser la bibliothèque d’histoire générale en sens inverse, ouvrir la porte, rentrer dans un sas, ouvrir une deuxième porte et enfin, essouflé, répondre (enfin si votre correspondant excédé n’a pas tout simplement raccroché) ! Bref, comme on le dirait en empruntant un anglicisme dont fait usage la jeune génération pour décrire ce type de situation : it’s an epic fail. Ok, je chipote un peu, mais il faut avouer que ce n’est vraiment pas pratique de devoir faire le tour de la bibliothèque à chaque fois que l’on va aux toilettes.

Une carte et de bonnes baskets. Tel est également le matériel nécessaire à l’exploration de l’actuel bâtiment des Philosophes. Pour l’étudiant en quête de sensations fortes entre deux pauses (histoire d’échapper aux relents de renfermé qui se dégagent toujours des murs d’Uni Bastions), c’est l’endroit parfait : une imposante bâtisse de l’extérieur, une entrée aux allures futuristes (porte à ouverture automatique please, écran d’information estampillé Unige et, une fois à l’intérieur, de part et d’autre des escaliers, des couloirs. Si la gauche est plutôt inintéressante (quelques salles de cours), c’est vers la droite qu’il faut se rendre. Votre fil d’Ariane est prêt ? Parce que rien ne garantit que vous retrouviez aussi facilement la sortie dans ce qui s’apparente à un vaste labyrinthe composé de couloirs et de pièces aménagées en bibliothèque. Plein de pièces. Partout. Plusieurs étudiants ayant fait l’expérience ont dû demander de l’aide en ouvrant une porte au hasard (en espérant que celle-ci ne donnait pas sur une salle servant de débarras). Enfin, si on n’est pas asphyxié par l’odeur tenace de la peinture ; ce n’est pas ce qui semble gêner la centaine d’étudiants qui suivent déjà leurs cours dans ce bâtiment-là. Non, la gêne pourrait provenir d’un serrurier qui choisit précisément le moment durant lequel se déroule un cours pour jouer avec son penne et son verrou. Oui, bon, je chipote encore, l’ouverture officielle n’aura lieu qu’en décembre. D’ici là, la situation géo-spatiale se sera sûrement améliorée. On ne peut que saluer ce grand retour du bâtiment des Philosophes et espérer que le bâtiment des Bastions prenne, lui aussi, un coup de neuf.

Ariane Mawaffo

Photographie : Anaïs Rouget