Dans le cadre de la quinzaine de l’égalité, nous ne pouvions pas passer à côté d’un constat lié aux associations de l’Unige, notamment en ce qui concerne leur coordination. En effet, au fil des années, l’engagement féminin s’est de plus en plus agrandi au point que sept associations facultaires et inter-facultaires se sont retrouvées avec, à leur tête, des étudiantes. Une première dans le milieu associatif. Interview fleuve.

Lorsqu’on les interroge à propos de leur arrivée à la tête de leurs associations respectives, pour la plupart d’entre elles, c’était une suite logique du fait de leur engagement précédent :

Mélanie, étudiante en troisième année de psychologie et présidente de l’Adepsy (l’association des étudiants en psychologie) : « Cela fait maintenant deux ans que je suis dans l’association ; celle-ci devait changer de présidence. Suite à mon implication durant l’année, certains membres m’ont demandé d’y réfléchir et je me suis finalement présentée lors de l’élection où l’on m’a soutenue ».

Pour Olivia, elle aussi en troisième année de psychologie et présidente d’UniAccueil, le parcours est le même : « J’ai été bénévole aux Welcome Days 2013 et j’ai beaucoup apprécié l’expérience ! Du coup, j’ai assez rapidement intégré l’association, dont je suis devenue la secrétaire. Et quelques mois après, suite au départ de la vice-présidente et du président, je me suis retrouvée à ce poste ».

Sandrine, en master d’histoire générale et présidente de l’association des étudiants en histoire générale (AEHG), avait déjà officié l’année d’avant au même poste : « J’ai dans un premier temps été secrétaire de l’association. Puis, lorsque l’ancien président a démissionné, j’ai décidé de reprendre le flambeau. Le comité s’est presque entièrement renouvelé à ce moment-là. Le but était alors de relancer l’association ».

Pourtant au terme de ces quelques semaines de présidence, même si certaines ne s’étaient pas encore rendu compte de la quantité de travail et de temps que cela impliquait, elles sont du même avis en ce qui concerne l’aspect enrichissant de leur travail. Les deux nouvelles coordinatrices d’UniParty, Manon, en première année de master en communication, et Coralie, en troisième année de bachelor en gestion d’entreprise, affirment que c’est avec plaisir qu’elles affrontent le défi, malgré l’ampleur de la tâche qui les attend : « Nous avons déjà été impliquées dans la coordination avant le début de notre mandat. C’est cependant depuis notre élection que nous réalisons l’ampleur réelle de la tâche : celle-ci nous prend beaucoup de temps, mais nous apporte également une grande satisfaction et nous l’effectuons avec plaisir ».

Pour Yasemin, en master de français moderne et présidente de l’AEFRAM (association des étudiants en français moderne),  le facteur le plus important est le temps : « Cette fonction consiste surtout à coordonner les personnes (et à leur courir après), être réactif, se tenir au courant de ce qui se passe au sein de l’Université, structurer les réunions, penser à tout, et envoyer/répondre à une bonne quantité de mails. Il faut être prêt à y consacrer du temps sans attendre de contrepartie ».

Pourtant toutes s’accordent à relever le côté enrichissant de leur travail au sein de l’association. Alexia, étudiante en japonais et français moderne, présidente d’Ae-ESTASIA (Association des Études Est-Asiatiques) : « Ça demande pas mal de travail et de patience, mais ça me plaît. C’est une nouvelle expérience d’être à la tête d’un groupe officiel et de le représenter ».

Sandrine : « C’est un poste qui certes demande beaucoup d’investissement, mais qui est extrêmement enrichissant et gratifiant. Comme toute activité associative, cela permet de rencontrer des personnes extraordinaires. C’est également très formateur ».

Mais il est indispensable, selon elles, de ne pas tomber dans un travers féministe en ce qui concerne la féminisation des différents comités et présidence des associations rattachées à l’Université de Genève. Elles pensent qu’il s’agit d’une coïncidence. Yasemin et Alexia, quant-à-elles, attribuent cet engagement féminin au ratio hommes/femmes en lettres. Yasemin : « La question sous-entend que la gent féminine n’était auparavant que peu engagée dans la vie associative, ce qui est faux. Quant au fait que les trois plus grandes associations de lettres soient présidées par des femmes, il s’agit à mon avis d’une simple conséquence mathématique : il y a bien plus de femmes que d’hommes en lettres ».

Alexia : « Les discours poussant les filles à agir ont très certainement aidé certaines à se présenter, mais je n’en ferais pas une généralité. De plus, je ne peux que parler pour les lettres, mais il me semble que les étudiantes sont majoritaires dans un grand nombre de disciplines. Par conséquent, les ratios faisant que nos associations ont plus de membres féminins que masculins doivent y être aussi pour quelque chose. Je pense qu’il y a autant de coïncidence que d’engagement ».

Ariane Mawaffo